Barth, 1, p
effet, le bœuf du Soudan, le bœuf d'Hérodote existe encore aujourd'hui au désert. 11 prospère à Kaouar, au dire de Denham et de Rohlfs * ; il y en a des troupeaux dans TAïr ; les Touareg de l'Ouest Télèvent en grand nombre dansl'Adrar Ahenetet « l'utilisent comme bête de somme * ». Barth dit lui-même qu'un Tebou avait mené un troupeau de bœufs de Kano jusqu'à Rhât, en les abreuvant tous les deux jours '. On le voit, l'emploi du bœuf, dans une mesure restreinte, n'est pas incompatible avec le désert, et l'on peut rès bien concevoir Tépoque où, avec quelques puits de plus, ces animaux ont pu passer du Soudan au Fezzàn. Ont-ils jamais été employés en grand nombre? Les sculptures d'Anaï nous le diraient peut-être, mais aucun Européen ne les a encore vues. Et lors même qu'on y trouverait des images de chars attelés de zébus, cela lèverait-il tous les doutes? M. Rohlfs a bien trouvé au Sahara des dessins de bateaux à vapeur, dus probablement à des pèlerins de la Mecque, qui voulaient donner à leurs compatriotes une idée du « bateau de feu * ».
L'histoire du crocodile de Cherchel n'a rien d'invraisemblable. Encore aujourd'hui, quelques spécimens de cette espèce subsistent dans les flaques d'eau des gorges du Tasili. Aucapitaine, Barth et Duveyrier en ont entendu parler ^ Erwin de Bary a vu distinctement l'empreinte de leur corps écailleux dans le sable ®. Mais la présence de ces animaux indique-t-ellc un changement récent du cli-
1. Denham, Irad., ï, p. iil. — Rohlfs, Reise darch Nord-Afrika, art, cité, p. 24.
2. « Ils en font l'objet de transactions commerciales importantes. > (Cap. Bissuel, Les Touareg de VOuest^ p. 67.)