‹ Le SaharaChapitre 119 sur 346 · Barth, Reisen, I, p. !2t · texte numérisé non relu

Barth, Reisen, I, p. !2t

i. Quer darch Afrika, I, p. -198.

5. Barth, Reisen, 1, p. 1S2. Duveyrier, p. 233. — M Vivien de Saint-Martin, et d'autres après lui, ont écrit qu'Aucapitaine a signalé des crocodiles dans rOued Djedi. C'est inexact : le passage en question (Nouv. Ann. Voyages^ 1861, déc, p. !260) n'a trait qu'à la présence de ces animaux en pays Touareg.

6. Reitebriefe au8 Nord-Afrika, Berl. Zeitsch. Erdk., 1877, p. 191.

mat? Ils peuvent être tout aussi bien les survivants d'une faune quaternaire, perpétués dans certains endroits restés favorables à leur existence. On a trouvé de ces fossiles vivants sur plus d'un point du globe. Les crabes du lac de Garde, les chiens de mer du lac Baïkal rappellent l'époque où ces lacs ont communiqué avec la mer. Ce n'est pas une raison de croire que cet état de choses a duré jusqu'aux temps historiques. Le passage de Pline ne prouve qu'une chose : que le roi Juba a trouvé un crocodile quelque part. Et à voir le soin qu'il a mis à le conserver, on pourrait même supposer que c'était chose rare. En tout cas, cela ne nous autorise pas à dire que, de son temps, les crocodiles « chassaient dans les ondes de l'Igharghar ».

La présence de l'éléphant dans le Sahara serait autrement signiQcative, si elle était historiquement établie. L'éléphant, en efiFet, par les quantités d'eau et de fourrage qu'il absorbe, exclut nettement toute idée de désert. Mais où sont les preuves? M. Duveyrier a soumis les sculptures du Sous à une critique approfondie II démontre qu'elles sont l'oeuvre non d'étrangers, mais d'indigènes, et il en conclut que l'éléphant a existé au sud du Maroc. Ce que nous ne contestons pas. Tissot a démontré % avec un luxe de preuves qui ne laisse rien à désirer, que ce pachyderme a vécu jusqu'à l'époque romaine entre les Syrtes, le Sahara, l'Océan et la Méditerranée. Mais il ne s'ensuit pas du tout qu'il ait alors circulé librement enlre l'Atlas et le Niger. Il a fort bien pu subsister dans les forêts de l'Atlas lorsque le désert formait déjà au sud une barrière infranchissable. Il a fort bien pu disparaître ensuite, quoi (|u'en dise M. Fischer, devant les progrès incessants de l'homme. L'exemple de rinde n'est pas probant. On ne saurait comparer les jungles et les injpénétrables forêts des régions tropicales aux bois trop faciles à éclaircir, hélas! de l'Afrique mineure. 11 serait infiniment plus juste de rapprocher l'Atlas des

i. Géographie comparée de la prov. rom. d'Afrique, l, p. 365 et suiv.

pays du Cap. Or, que voyons-nous dans ce dernier pays? L'élophant en train de disparaître devant Thomme, comme il a disparu de l'Atlas. Si le gouvernement colonial ne défendait la chasse de cet animal dans les deux forêts où il subsiste encore, il ne serait déjà plus qu'un souvenir. En somme, rien ne peutseulemeni faire supposer la présence de Téléphant au Sahara dans l'antiquité, si ce n'est une raison linguistique. « Personne ne récusera, a écrit M. Duveyricr\ en faveur de l'existence passée de l'éléphant dans les pays d'Adrar et d'El Ilodh aujourd'hui englobés dans le désert, la valeur de cette preuve matérielle que fournissent les langues a^^r et kadjâga parlées dans ces pays au nord du Sénégal, et qui possèdent des mots tout à fait propres, terimé, étéré dans la première, touré dans la seconde, pour désigner l'éléphant. » Et pourtant, que ce fait est loin de constituer une preuve historique ! La plus grande obscurité couvre encore le passé des peuples dont parle M. Duveyrier. Barth qui a recueilli à Timbouctou quelques renseignements à leur sujet, assimile les Azér aux Assouanek ou SoninkéS qui habitent le Kaarta et le Bakounou à l'ouest du Niger', et peuplèrent, au début du moyen âge, le grand empire de Ghana \ Mais Ghana, la capitale, était une cité soudanienne% et les Soninké s'étendaient jusque sur les bords du Niger*. Quel miracle y a-t-il à ce que le nom de Téléphant

i. Art. cité, p. 133.

â. Die weilverbreiteie Nation der Ssuanioki oder Aser (Reisen, \, p. 494;. Kadzaga, Sprache des Reiches Ghanata {Sammlung und Bcarbeitung Central Afrikanischer Vokaffularien, Gotha, 1862, 4", p. 194).

3. Mage, Voyage dans le Sou'lan occid.. Tour du Monde, 1868, I, p. 4S. — Lenz, Timbouctou, II, p. 244 et suiv.

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