Nachtigal, I
manière*. Dans l'oued Tedjoudjelt, ravin du Tasili dos Azdjer, l'eau est montée, en 1879, à deux, trois mètres audessus du fond; l'hiver précédent, elle avait atteint quatre mètres, et coulé, au dire des indigènes, pendant quatre jours et quatre nuits ^ On conçoit Teffet produit par ces masses liquides. La crue coulant à pleins bords arrache à droite et a gauche les terrains que ne lixent pas les racines. Lorsqu'au bout de deux ou trois jours ce flot d'eau trouble a disparu, bu par la terre et le soleil, on trouve dans la gorge ou dans la plaine un lit plus ou moins profond, aux berges accores, parfois affouillées en cavernes, et au fond un chaos de cailloux, de sable et d'argile que l'eau n'a pas eu le temps de trier : c'est Voued.
L'oued se rencontre presque partout au Sahara : il entaille le plateau comme il raye la plaine, ou approfondit le grand couloir d'érosion quaternaire. Barth a trouvé dans les passes étroites qui descendent de la hamada de Mourzouk, le sillon profond^ et encore humide des pluies qui venaient de tomber. Tous les cin<i ou six ans en moyenne, a-t-on dit au colonel Flatters, l'eau coule dans la vallée des Ighargharèn et balaye une partie des petites dunes qui l'ont envahie*. Dans le grand lit quaternaire de l'oued Mya, entaille énorme, large de 2 kilomètres en moyenne, on voit se dessiner, vers Hassi-Inifel, un lit secondaire, profond de 5 à6 mètres: c'est l'œuvre des pluies de nos jours ^. En maint endroit de la Tripolitaine et du Sahara occidental on retrouve leur trace : entonnoirs, gouttières creusées dans le roc ou le sable, berges évidées, cônes de déjection étalés dans la plaine"; seul le désert libyque, si pauvre en