Ibid., p
leurs, Teau s'infiltre dans certains grès, débarrasse les grains de quartz de leur ciment calcaire, et la roche se décompose en sable *.
Pourtant Teau n*est plus au Sahara qu'un agent secondaire. D'autres forces sont à Tœuvre, et dans Tintervalle des pluies, attaquent, rongent, détruisent sans trêve la surface du désert. Les rayons du soleil, le froid de la nuit, la lumière, le vent, n'agissent pas seulement sur les êtres vivants: les roches mêmes n'échappent pas à leur influence.
On sait combien la température de l'air varie au Sahara; le sol s'échauffe et se refroidit encore davantage. Tout fait croire qu'à la surface du Sahara les températures de soixantedix degrés et plus ne sont pas rares. Au Mzab, un thermomètre gradué jusqu'à ce chiffre a éclaté peu d'instants après avoir été oublié sur le sol'. M. Rohlfs a noté assez régulièrement à midi soixante-dix ', et même soixante et onze degrés* dans la région de Kaouar : d'une bougie laissée au soleil il ne reste bientôt plus que la mèche, la chaleur du roc est telle, que Rohlfs et Nachtigal ont du munir leurs chiens de sandales ou les faire voyager à dos de chameau*. Si Ton rapproche de ces chiffres les températures de — 5^ et — 8** parfois observées en hiver, on obtient un écart annuel d'environ 80^, et il n'est pas impossible que, dans certaines années, cet écart n'atteigne 100®.
Sous ces effrayantes variations de température, les rocs même sortent de leur immobilité. Dilatés par la chaleur qui les rend brûlants le jour, contractés par le refroidissement nocturne, ils subissent un mouvement d'oscillation