Ouv. cité, p
d'invisibles artères, qui, gonflées de temps en temps par le flot d'une pluie capricieuse^ vont porter un peu de vie aux plaines desséchées. Les terrains de héicha^ c'est-à-dire les alluvions poreuses desowed à sous-sol humide, sont une des principales ressources du Sahara. Zella» Djofra, Misda et un grand nombre d'oasis tripolitaines doivent l'existence aux filets d'eau souterraine que la Montagne Noire et le Djebel leur envoient. L'oued Lajâl, au pied de l'aride muraille de TAkakous, nourrit des palmiers sans l'intervention de l'homme*. L'oued Mya, humecté par les pluies du Tademayt, forme un cordon de pâturages jusque vers Ouargla. Dans la montagne, les oueds sont les seules terres productives. C'est une heicha hérissée de palmiers, le Bardaï, qui sauve les Têda du Tibesti de la faim '. Ce sont les fonds boisés des vallées qui font la richesse relative de TAïr. Les Touareg de l'Ahaggar et du Tasili ne pourraient avoir de troupeaux, s'ils ne trouvaient de la verdure au fond des ravins qui coupent leurs arides plateaux. Dans ces lits de torrents qui gardent toute l'année quelques mares d'eau pluviale, la végétation se développe avec une puissance inattendue. De Bary a trouvé Toued Mihero, le refuge des crocodiles, couvert d'un véritable fourré de souàk et de tamarix. Des lianes, qui enlaçaient les troncs, et de grands roseaux, de la hauteur de l'homme, s'opposaient à la marche des chameaux'. Le vaste bas-fond des Ighargharên est également semé d'herbes, de gommiers et de tamarix énormes : t On se croirait, écrivait le colonel Flatters, dans un tout autre pays que le Sahara central *. »
Les grands oueds sortis de l'Atlas sont encore plus
1. L'eau est à 3 et 5 mètres de profondeur dans l'oasis de Djofra, à 3<n,60 en moyenne dans TOuâdi Lajâl (Rohlfs, Kufra, p. lîJi. — Duveyrier, p. 67) .
S. On trouve Teau à moins de 50 centimètres de la surface (Nachtigah ouv. cité, I, p. 239).
3. Reisebriefe aut Nord-Afrikaf Berl. Z^.iUch. Erd , 1877, p. 188.