‹ Le SaharaChapitre 161 sur 346 · Foureau, ouv. cité, p · texte numérisé non relu

Foureau, ouv. cité, p

Tademayt, relèvent el aspirent quoique peu Teau qui liltre dans leur lit. Mais le cas n'est rien moins que général. D'aulre part, il est certaiu que l'eau tombée sur les dunes filtre vers la base, en dépit de la capillarité qui agit en setiH inverse. Chaque pluie forme dans la dune une tranclie de sable humide, qu'on trouve à une profondeur d'autant plus grande que la date de Taverse est plus éloignée. En creusant une dune près d'Aïn-Taïba, M. F. Foureau a observé la: succession suivante : d'abord 50 centimètres de sable humide : c'étaient les dernières pluies de l'hiver; puis 60 centimètres de sable sec; puis une nouvelle couche de sable humide, à l^jlO de profondeur : c'étaient, lui disaient ses guides, les pluies tombées pendant l'été'.

Est-ce à dire que les dunes renferment de grandes masses d'eau vers leur base? Dans l'Erg oriental, le mieux connu des grands massifs de dunes, on n'a pas trouvé jusqu'ici de

Coupo de la mare d'Aïn-Taiba {Erg'.

(D'aprii un crgquis du apitii» ËEiminD.I

nnppes véritables. La plupart des puits sont creusés soit dans un lit de rivière*, soit dans le sol ferme des cuvettes qu'on trouve entre les dunes ^ Il en est de même des bahr

i. Une miiiian au Tademayt. p. 33.

2. Li. AïD-Mulmat, HB$si-bc]-[tairan, Hassi-el-Mokhanza, de. (Urgeau. ( payi dt Rirha, p. arjT-tii. — Bajolle, Lt Sahara de Uuargla. — Foureau, IV. cité, paiiim).

3. Ex. Hassi Gliellan, Bir Gbarduya, Hassi BotUn, etc. {Ouv. cilcs.)

ou petits lacs qu'on voit briller au fond d'entonnoirs de sable ; une nappe d'eau contenue dans le terrain sous-jacent en a dissous le gypse, et le sol, en s'effondrant, a produit ces petits cratères*. Tout ce qu'on peut donc affirmer jusqu'ici, c'est que les pluies entretiennent dans VEvg des couches de sable humide*. Quant aux nappes proprement dites, elles sont plutôt dans le sous-sol, et sont dues, selon toute apparence, aux oued. Bien des rivières sahariennes aboutissent en effet aux mers de sable du Sahara central et occidental. Les dunes d'Edeyen absorbent l'eau des ravins du Tasili, des oued du plateau de Mourzouk et de la vallée de Rhât. Dans l'Erg oriental se perdent les gouttières du plateau tripolitain, du Tinghert, du Tademayt, et la grande vallée de Tlgharghar. L'oued Zergoun, l'oued Seggueur, l'oued Gharbi et bien d'autres oued de l'Atlas finissent dans les masses meubles de l'Erg occidental. Mais l'eau de ces rivières disparues sous les sables n'est pas perdue sans retour. Elle filtre en suivant la pente du lit caché sous le manteau des dunes, et on la retrouve de l'autre côté de l'Erg, voisine de la surface du soL C'est bien un véritable oued, dont le niveau souterrain s'élève en hiver*, qui débouche près d'El Goleah du milieu des sables, et s'écoule entre le Tademayt et les dunes, sous le nom d'oued Meguiden. Les chasseurs indigènes qui parcourent la mer des sables reconnaissent en lui le lit perdu de l'oued Seggueur. Tout un dis-

i. Béringer, ouv. cité. — BajoUe, ouv. cité, p. 33 et ftulv.

i. Suivant les évaluations les plus favorables (Teitserenc de Bort)« la hauteur annuelle de pluie est d'environ 190 millimètres dont une partie s'évapore avant d^avoir pénétré dans la dune. II est possible que le reste s'accumule en nappes, si le sol qui porte les dunes est imperméable. C'est sans doute le cas dans une partie des Iguidi, où Lenz a trouvé une couche d'argile bleue sous les dunes; mais dans l'Erg, pourquoi Teau, qui gagne la base des dunes, ne gagnerait-elle pas également les terrains poreux du sons-sol ?

3. L'eau est à 2 métrés en hiver à El-Goléa ; elle affleure même un peu plus loin dans la Sebkha-el-Melab. (Parisot, La région entré Ouargla et El- Goléa, Bull. Soc, géog,, 1880, I, p. 135.)

trict du Touât, TAouguerout, soit quatorze oasis compreuaut environ 5S0000 palmiers*" est alimenté par cette nappe -souterraine. C'est peut-être le flot souterrain de l'oued Gharbi qu'on retrouve plus à l'ouest, à la lisière nord du Gourara*. Beaucoup de palmiers du district de Tin-er-Kouk atteignent l'eau dans le sol par leurs racines et croissent sans le secours de l'homme'. La grande Sebkha du Gourara est due sans aucun doute au suintement des. eaux de l'Atlas, qui, après un long trajet sous terre, sont ramenées au jour. Elles vont plus loin encore. M. Rohlfs a constaté entre Tsabit et Tamentit l'existence de fortes artères souterraines qui coulaient du nord-est au sud-ouest^ Ces masses liquides, dans une contrée aussi pauvre en pluies, ne peuvent venir que des montagnes algériennes. Le Gourara, comme le Touât, est au point de vue hydrographique une dépendance des pays de l'Atlas.

Il est probable que certains oued forment des lignes d'eau analogues sous les dunes de l'Ërg oriental. Il est certain, par exemple, que des eaux venues du sud saturent en divers endroits la plaine semée de dunes au nord-est d'Ouargla. Mêlées à la nappe de l'oued Mya, elles suivent vers le nord l'inclinaison des couches quaternaires : on les trouvé entre un et trois mètres dans la région de Ngouça, à moins de profondeur encore à partir de Tougourt, dans l'Oued-Rirh*. C'est ce qu'on appelle communément l'écoulement de righarghar. Mais on serait très embarrassé de dire par où passe dans l'Erg le cours souterrain du grand fleuve : on n'a pas encore débrouillé le système sans doute complexe des lignes d'eau souterraines de cette partie du Sahara.

Quoi qu'il en soit, les dunes, qui sont pour TEuropéen le

1. Déporter, Sahara algérien, Touàif Tidikelt, Alger, 4891, p. 17. â. Parisot, &rt. cité, p. 135.

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