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RoUadn, Géologie du Sahara algérien, p. S07 et «uiv

terrain stérile par excellence, cachent au Sahara des réserves d*eau inattendues. Loin de les fuir, le Saharien les recherche, comme une des régions qui offrent le plus de ressources à ses troupeaux. Ce résultat n'est paradoxal qu'en apparence. Sous un climat humide, c'est le degré de fertilité du sol qui importe; sous un climat sec, c'est la quantité d'eau qu'il contient. La dune de sable pur, mais humide, est plus verte que la hamada de bonne terre d'argile, que la sécheresse rend dure comme la pierre.

Si les ressources liquides du Sahara se bornaieot à celles que nous venons de décrire, le désert n'en serait pas moins inaccessible sur une immense étendue. Le désert libyque, par exemple, n'aurait pas une goutte d'eau. D'autres réserves sont heureusement enfouies dans le sol. De grandes nappes, formées surtout des pluies infiltrées dans les montagnes, s'amassent à une profondeur plus ou moins grande sur les couches imperméables du sous-sol. Qu'un accident de terrain se produise, redressement des couches, ou dénivellation du sol, et elles reparaîtront au jour, jailliront en sources ou suinteront en mares, souvent fort loin de leur point de départ. Lorsque après 350 kilomètres de désert sans eau et sans herbe, on annonça à M. Rohlfs la première oasis de Koufra, il s'attendait à voir quelques misérables palmiers groupés autour d'un puits. Il trouva 6 300 kilomètres carrés de forêt et de pâturages; puis, cent kilomètres plus loin, une nouvelle oasis située autour d'un lac véritable; puis, au bout de cent autres kilomètres, la grande oasis de Kebabo : tout un archipel de verdure*, perdu au milieu du plus aride pays du monde ! Dans toute cette région, on n'a relevé jusqu'ici aucun lit de rivière, aucune trace de pluie sur le sol; mais une puissante nappe d'eau se rencontre partout entre un et trois mètres de profondeur.

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