Mitth., 1874, p. 182. Voy. aussi Cailliaud
et où des ruisseaux brillaient comme des fils d'argent, c Les champs des bienheureux! pensai-je, et je pus m'associer à la joie des guerriers d'Alexandre, lorsqu'ils aperçurent ce site admirable après les longues marches dans le désert*. » Plus de trente sources versent à Siouah l'eau douce, « l'eau bénie », tandis qu'autour de l'oasis l'eau de tous les puits est amère : parmi elles, la célèbre source du Soleil, dont Diodore disait que sa température variait à l'inverse de celle du jour».
Les premiers voyageurs modernes qui ont revu les oasis, ont cru que toute cette richesse était un don du Nil. Les eaux du grand fleuve, infiltrées dans les couches calcaires inclinées vers l'ouest, auraient ainsi créé une série de petites Égyptes à l'ouest de la grande '. On disait même* qu'un courant d'eau douce, sans doute une branche du Nil, avait coulé autrefois à travers le désert libyque, et Ton voyait sur presque toutes les cartes un Bahrbela-ma, un « fleuve sans eau », serpenter d'une oasis à l'autre. Rien de tout cela n'était exact. Les terrains calcaires ne plongent pas vers l'ouest, et les oasis sont plus haut situées que le Nil. Quant aux Bahr-bela-ma du désert libyque, ce sont de simples creux qui n^ont rien de commun avec un ancien lit de fleuve". La température des eaux prouve qu'elles sont artésiennes. Et comme les couches du désert libyque ont toutes une inclinaison très faible, mais très régulière vers le nord-est, on en a conclu qu'une nappe produite par l'infiltration des pluies soudanaises est amenée sur une couche imperméable jusqu'à l'angle nord-est du désert*. L'existence d'une masse d'eau abon-