‹ Le SaharaChapitre 168 sur 346 · Rohlfs, Miith., 1874, p · texte numérisé non relu

Rohlfs, Miith., 1874, p

vent, pas un insecte dans Fair, pas un brin d'herbe; autour de nous, tout était mort. Le scintillement des étoiles était la seule chose qui rappelât la nature vivante au milieu de ce néant*, d Ce qui rend les déserts australiens redoutables, malgré leurs dimensions restreintes, c'est également leur uniformité : ce sont ces plaines monotones et terribles, où la brousse d'arbres épineux alterne avec les longs tapis de spinifex et de sable, et où, suivant le mot d'un explorateur, l'horizon est partout aussi rectiligne que sur mer*. Le voyageur peut mourir de soif sur ce sol couvert de plantes, à moins qu'un groupe de montagnes ou une dépression providentielle ne lui permette d'atteindre l'eau souterraine qui se dérobe à ses efforts. C'est ainsi que Giles a fait d'est en ouest 325 milles à travers l'Australie occidentale sans rencontrer une goutte d'eau, même en creusant le sol*. C'est ainsi que depuis les monts Mac-Donnell jusqu'au fleuve Oakover, Warburton n'a trouvé ni une oasis, ni une trace d'eau courante. Il creusa une cinquantaine de puits, un seul donna de l'eau. Sans les trous de roche où se conserve un peu d'eau pluviale, et que les indigènes recouvrent comme de précieuses citernes, l'expédition eût cent fois péri*.

La forme de relief qui accuse le mieux le désert n'est donc pas la plaine déprimée, encore moins la montagne, mais le plateau de structure régulière et d'altitude médiocre, où l'eau souterraine n'atteint pas la surface, et qui ne provoque pas la condensation des pluies. Le grand plateau libyque, moitié dunes, moitié hamada, qui est la partie la moins accidentée de tout ce grand Sahara uniforme, est peut-être la forme de désert la plus parfaite qu'on puisse voir.

i. Rohlfs, Drei Monate, p. 150.

Page 1