Ouv. cité, p. 105, etc
Dans les limites de cette zone, on remarque des variétés dans l'espèce, variétés qui correspondent à des diflFérences de milieu. Le chameau à deux bosses de TAsie centrale est plus musculeux et supporte mieux le froid que le dromadaire arabe. Par contre celui-ci est certainement plus aguerri contre la chaleur sèche et Tévaporation qui s'ensuit. Tandis que les chameaux mongols ne peuvent rester en hiver plus de sept jours, et en été plus de quatre jours sans boire *, les dromadaires des frères James ont fourni dans ces conditions une marche de treize jours et de 346 kilomètres en pays somali ', et ceux de la mission Rohlfs dans le désert libyque n'ont été abreuvés qu'au bout de dix-huit jours ^
Au Sahara même, il y a une différence à faire entre la bête des steppes du nord et celle de Tintérieur. Le méhari, ou chameau touareg, mince, haut sur jambes, à la bosse petite, au cou démesuré, au corps effilé couvert d'un poil fin et court ; bête étrange, mais non disgracieuse; marcheur inimitable, faisant à l'occasion plus de cent kilomètres en un jour*, gravissant les montagnes d'un pied incroyablement sûr, est le type du coureur de race, parvenu au maximum de résistance, de légèreté et de finesse, sous l'incessante sélection de l'homme et du climat». Le chameau algérfen et tripolitain, dit chameau arabe, à la fois moins haut et plus large; ventru, la bosse saillante, les membres forts, l'encolure épaisse, couvert d'une toison bien fournie, de toute façon plus étoffé, plus lent et plus lourd, est au premier ce qu'un cheval percheron est à un pur sang arabe ^.