‹ Le SaharaChapitre 189 sur 346 · Poureau, note manuscrite · texte numérisé non relu

Poureau, note manuscrite

chaux, de sel ou de gypse, pour exclure la plupart des espèces au profit de quelques-unes. Il s'ensuit qu'on trouve souvent au Sahara ce qu'on ne voit guère en Europe : des plantes limitées nettement à tel ou tel terrain. C'est ainsi quel' A mcA, forme arborescente du Calligonum comosum, pousse seulement dans les sables, et que les deux espèces de tamarix du Sahara algérien n'habitent pas le même sol. L'une, le tarfa {Tamarix gallica)^ est localisée dans les bas-fonds salés et gypseux, tandis que Velhel (Tamarix articulata) se trouve dans le lit argilo-sableux des oueds qui entaillent les plateaux *.

La nature du sol réagit aussi sur le nombre des individus. Elle ne prévaut pas sans doute contre l'influence toute-puissante du climat, mais, à conditions égales, elle rend la flore plus ou moins pauvre. Les grès du Tibesti sont bien plus stériles que les granits et les basaltes de l'Aïr. La mission Rohlfs a trouvé le grès nubien absolument dénué de végétation ; lorsque des roches calcaires se montrèrent de nouveau à la surface, quelques pieds d^Aristida et quelques insectes reparurent*. Le développement de la faune suit naturellement celui de la flore.

Si les conditions physiques actuelles décidaient seules de la répartition des êtres, les déserts où ces conditions sont sensiblement les mêmes seraient habités par les mêmes espèces. Il n'en est pas ainsi. Chaque désert possède, au contraire, une flore et une faune particulières, recrutées dans des familles différentes, et caractérisées par des types originaux. Ainsi, l'Amérique a ses cactées gigantesques, l'Australie son spinifex et ses eucalyptus, la côte sud-ouest d'Afrique, sa Welwitschia mirabilis. Les flores et les faunes désertiques pèchent donc par défaut ; aucun désert ne possède actuellement toutes les espèces que le climat lui permettrait

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