‹ Le SaharaChapitre 202 sur 346 · Nachtigal, I, p · texte numérisé non relu

Nachtigal, I, p

î. Art. cité, p. 434-144.

3. Voir cette remarque d'Eustathe, qui s'appuie évidemment sur une opinion reçue : « Les Blemmyes sont aussi un peuple éthiopien, car Denys les appelle olOaXéovc du mot àlOdiJe brûle, dont on a fait aussi Ethiopiens, n (Coifimtffil. SiO; Geogr, Graeei MinoreSy p. 255. Mûller.)

et tout autrement vague, — le sens conforme à Tétymologie, — et désigne ^ottô les peuples, sans distinction de race» qui habitaient vers les tropiques, sous le soleil brûlant. Toute Tantiquité a connu ce dernier sens. Homère dit que les Éthiopiens touchent aux deux extrémités de la terre, à l'orient et au couchant *, et Strabon, commentant ce passage, répète que les Grecs appellent ainsi tous ceux qui vivent au midi du monde *. Aussi les géographes prennent-ils l'habitude de mettre une Ethiopie au sud de toutes les régions connues : il y en a une au sud de TÉgypte, une autre au sud du pays des Garamantes', une autre au sud de l'Atlas marocain * : partout ^thiopia devient synonyme de la dernière teire habitée dans le sud. Mais il n'y avait pas que des noirs dans toutes ces Éthiopies. Les anciens ont fait un classement local, sans préoccupation de races. La preuve en est leur tendance à mettre des Éthiopiens au sud de l'Asie. La preuve en est aussi dans les épithètes qu'ils ont données aux tribus éthiopiennes, lorsqu'ils ont voulu entrer dans quelques détails. Ils les ont appelés Éthiopiens rouges — IIuppaTotAlOfoTceç * — OU Éthiopiens blancs — AeuxaiOfoTceç • — lorsqu'il leur a plu de dire un mot de leur teint, comme ils en ont appelé d'autres Daratites, — gens du Draa — ou Nigrites — gens du Nighîr — lorsqu'ils ont voulu préciser leur terrain de parcours. Qu'étaient ces Éthiopiens rouges et blancs? Peut-être des Berbères ', — encore aujourd'hui on emploie

i. Oiyu., I, V. 32-Î4. Voir aussi Denys le Périégôte. Orh%$ Detcr.^ v. Jig. C. Mûller; Scymnus de Chio, OrbU Deter,, v. i70, p. âOl. G. Mûller» etc.

S. Strab., Geogr., l, xxvin. Voir aussi I, xxiv : « Cratés, s'appuyant sur ce que le nom d'Éthiopiens désigne pour nous toutes les populatioiiB méridionales... >

3. C'est l'Ethiopie parocéanite de Strabon (XVII, m, p. 709. Mûller), l'Ethiopie intérieure de Ptolémée (IV, vi, p. 391, Wilberg).

4. Strab., XVII. m, p. 702. — Marc, d'fléraclée, II. p. 54i. Mûller. — Anon. de Ravenne, III, v. p. 138, Pinder et Parthey.

5. C'est un des \i.iy\<Txa Idvii de Ptolémée (L. IV, vi, p. 294, Wilberg). «. Ptol.. ibid., p. 295.

7. Vivien de Saint-Martin. Le Nord de VAfriquê dam l^anUquitè grecque et romaine, p. 4i3«

dans le Sahara le terme ahmar (rouge), pour désigner leur teint *, — peut-être aussi de ces mystérieux Peulh ou Fellân > aux traits c presque caucasiques ' », au teint cuivré ou basané, qu'une tradition recueillie par MoUien et Boilat, et acceptée de plusieurs savants s fait venir précisément du nord du Sahara. En tout cas, ces noms de Pyrrhi jEthiopeSy de Leucaethiopes , très compréhensibles si Ton ne voit dans Éthiopien qu'une vague désignation territoriale, deviennent une monstrueuse alliance de mots, si Ton veut faire d'Éthiopiens le synonyme de peuples noirs. Une autre de ces tribus éthiopiennes porte même un nom nettement berbère; ce sont ces Ay«yy*^«* AldtoTceç de Ptolémée", les Gangines jEthiopes de Claudien et d'Orose*. On les retrouve dans EI-Bekri et Ibn-Khaldoun \

Rappelons enfin ces vers de Virgile :

Ultimus iEUiiopum locus est, ubi maximus AUas Àxem humero torquet stellis ardentibus aptum ; Hinc mihi Massylae gentis monstrata sacerdos... *

Pour qu'une tribu aussi nettement berbère que les Massyles, la tribu de Massinissa, pût être qualifiée d'éthiopienne, même par un poète, ne fallait-il pas que ce terme fût abso-

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