‹ Le SaharaChapitre 203 sur 346 · Hittor. L. I, n, p. 694, Migne · texte numérisé non relu

Hittor. L. I, n, p. 694, Migne

7. Sons la forme Telagaguin, (El-Bekri, Deteription dû V Afrique tept,^ p. 364. — Ibn-Kbaldoun, ouv. cité, HI, p. 65.)

- 8. Enéide, L. IV, v. 480, etc. « Tous les peuples situés sur les limites méridionales du monde connu des anciens portaient le nom général d'Étbiopiens. > (Edit. Benoist, Paris, 1867, 8», p. 95.)— < Ein RollekUvname fur aile von der Sonne gebrâunte oder geschwflrzte Vôlkerschaften. » (Porbiger, Handbuch der allen Géographie, Leipzig, 1844, 8», II, p. 802.)

lument vague et élastique? Eùt-ce été possible s'il eût été synonyme de « noir »?

Nous ne nous croyons donc pas autorisés à parler d'autochthones noirs et de Mandingues parce qu'il a plu à Pline d'appeler Éthiopiens les indigènes des bouches du Drâa. Nous n'affirmerons même pas, avec Tissot, que les anciens ont entendu désigner par là c les populations de sang mêlé qui habitent la partie du Sahara voisine de l'Atlas * * : il n'est pas sûr qu'ils y aient songé. On ne dira jamais assez combien les anciens sont restés étrangers aux préoccupations anthropologiques ; c'est suivant la répartition locale, et non d'après le sang qu'ils ont classé les peuples barbares épars autour d'eux. Aussi leurs grandes catégories — l'Ethiopie par exemple — sont-elles presque toujours purement territoriales : en y introduisant les notions modernes de race et de parenté physique, on ne fait que les dénaturer et les obscurcir.

Reste l'argument principal, le physique des indigènes. Mais, dès le début, une observation nous met en défiance. Si plusieurs personnes ont cru reconnaître chez les Sahariens actuels un type noir aborigène, cela ne veut pas dire qu'elles aient vu la même chose. Loin de là. Barth les considère comme des nègres du Soudan, puisqu'il dit que leur extérieur rappelle leur origine centre-africaine*. Pour Carotte ■, au contraire, ils diffèrent essentiellement des peuples nîgritiens. « La population antochthone de l'Oued-Rir' marque la transition de couleur et de traits entre la race blanche et la race noire. Ce n'est pas le teint plus ou moins bronzé des populations blanches du Midi, c'est une couleur tout autre et qui leur est propre, beaucoup plus voisine du noir que du blanc. Cependant ils n'ont de la race noire ni le nez aplati, ni les lèvres épaisses, ni les cheveux crépus, quoique

i. Géogr. comparée, l, p. 17.

â. Reiten, I, p. 242.

3 Ouv. cité, p. 303.

cependant ces traits ne soient pas complètement ceux de la race blanche. »

M. le D' Weisgerber, ancien membre de la mission Choisy, est encore d'un avis dififérent. Il ne croit pas être en présence d'une race pure. Il admet que c l'habitant de TOued- Rirh est issu du mélange de deux races » , que l'ensemble de ses caractères physiques dénote « une parenté berbère et une parenté nègre » ; mais il croit que ces nègres étaient les Sahariens primitifs, et voici comme il se les représente : c d'une taille au-dessous de la moyenne, de peau noire, très dolichocéphales, prognathes mais sans exagération, tels que se présentent les nègres de Tombouctou, du Bornou, du Sokoto » <. Il semble du reste que plus on passe de temps à étudier ce type do noir aborigène, et moins on arrive à le distinguer. M. le D' Lanel, qui a passé six mois à Ouargla, ne s'est pas prononcé : c Au milieu d'un semblable chaos, il est bien difflcile de dégager le type du Ksourien actuel; toutes les nuances sont représentées «. » On eût aimé à connaître l'avis de M. Duveyrier et savoir en quoi consistait d'après lui le type garamantique, mais l'illustre voyageur ne semble pas s'être expliqué à ce sujet. Reste donc le teint foncé de certaines populations sahariennes, seul point sur lequel on paraisse d'accord. Que signifie-t-il ?

Il est vrai — c'est un fait généralement reconnu aujourd'hui, — que la couleur de la peau n'est pas, comme on le croyait autrefois, une conséquence du climat, et constitue un caractère particulier à la race'. Mais si le teint est ainsi un des traits distinctifs des races, cela ne veut pas dire qu'il soit le critérium auquel on les reconnaît aujourd'hui. Il faut compter avec le métissage, qui reproduit à s'y méprendre le

Page 1