Duveyrier, p
7. Hornemann, trad., I, p. 36, 72. — Roblfs, Von Tripolis naeh Alexandrien, II, p. 122.
8. « C'est à peine s'il est une tribu qui n'en ait pas dans les veines. > (Rohifs, Kufta, p. 243.)
en ont reçu leur forte part. La tradition confirme ici l'histoire. Les gens d'Ouargla, écrit M. Duveyrier lui-même, « attribuent leur teint noir au mélange de leur sang avec cehii des nombreuses esclaves que leurs ancêtres ont achetées aux caravanes du Soudan » *. « A Touggourt, écrit d'autre part M. le D*" Weisgerber, une fraction de la population est réputée descendre de nègres affranchis amenés du Soudan^.» De plus les différentes fractions de l'Oued-Rirh et d*0uargla « revendiquent toutes une seule et même origine zénatienne, c'est-à-dire berbère »'. Les observateurs de ces faits rejettent néanmoins l'explication donnée par les habitants eux-mêmes; ils voient en eux un reste de population primitive, qui aurait mieuiç résisté aux blancs qu'ailleurs, grâce à l'insalubrité particulière du climat \ Mais cette action du climat, qui est réelle, a pu s'exercer tout aussi bien au profit d'un élément noir importé. De ce qu'il existe au Sahara des endroits dont le climat n'est favorable qu'au nègre, il ne faut pas conclure que le nègre les ait toujours habités. C'est ainsi qu'en Amérique il y a des cantons du Mississipi où les nègres prospèrent, tandis que les blancs sont décimés. La sélection par le climat n'explique qu'une chose : le nombre inusité des noirs à Ouargla.
Quant au Fezzân, le voyageur qui le connaît le mieux, le D' Nachtigal, a essayé de dresser la liste des éléments ethniques qu'il renferme. Quel mélange ! Au sud, des Tebou duTibesti* (Tedjerri, Medrousa, Gatroun); au sud-ouest, des Touareg (oued el Gharbi); au nord et à l'est, des colonies isolées de Berbères du nord (Sokna, Ouadân, Temissa); puis, éparpillés un peu partout, des Arabes sédentaires et nomades, des esclaves de tous les pays du Soudan, avec
K Duveyrier, Tôudregdu Nord, p. 288.