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Baraban, A travers la Tunisie, p

5. Vuillemin, 06j. médic, sur le poste de Négrine {Arch, méd, m»7.,1883, p. 323.

Le cordon de bas- fonds fertiles qui s'étend de TOued- Rirh à Ouargla est le domaine par excellence de la mala^ ria. Ouargla même est peut-être , avec Mourzouk , la cité la plus malsaine de tout le désert. Le sol, chargé de matières organiques et perméable seulement à la surface, la nappe d'eau salée qui séjourne partout à quelques pieds de profondeur, les deux sebkhas, dont Tune reste toujours humide, l'eau douce des puits artésiens, qui ne peut s'écouler et s'étale en mares à la surface*, enfln la saleté indescriptible des indigènes, qui transforme les maisons en amas d'immondices', les puits ordinaires en réservoirs d'eau noire et fétide, les fossés de défense en cloaques croupissants'^ tout contribue à faire de cette ville « un vaste marais salant, placé dans des conditions exceptionnelles d'activité morbide* ».

L'épais rideau de palmiers qui, sur trois côtés, entoure la ville, empêche le vent de nettoyer Tair. « Lorsqu'en venant de Rouissat, on regarde le triangle vert où se blottit la blancheur du ksar d'Ouargla, on est frappé du brouillard dense qui l'englobe *. » C'est le bas-fond humide et pourri qui fermente, c'est la transpiration malsaine de cette terre gorgée d'eau qui monte en brume, sous l'aspiration violente du soleil.

Les conditions sanitaires ne sont guères meilleures dans beaucoup d'oasis de l'Oued-Rirh. Chaque année, au printemps et en automne, on observe une épidémie d'accès pernicieux {hemma, them) dont un certain nombre se terminent par la mort*. En été, la chaleur intense rend la fer-

1. Verdan, Considérations sur la fièvre intermittente d Ouargla y Arch. méd. milit., 4885, VI, p. 296. — Lanel, ouv. cit., p. 5.

2. « Saleté dedans, saleté dehors. » (Verdan, ibid., p. 290.)

3. Duveyrier, p. 289. — « Il faudrait avoir un sens de moins pour ne pas être incommodé à rapproche de ces réservoirs. » (Verdan, p. 291.)

i. Lanel, ouvr. cité, p. 5.

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