Lanel, broch. citée, p
6. Sériziat, Bull. Soe, alg. deCUm.y 1871, p. 41. — Lanel, p. 28, etc.
•mentatioa moins active, et les fi&vres sont moins fréquentes ' .
Même situation au Gourara, dans ces districts septen-
Le bas-fond d'Ou&rgla,
^D'apréi ta caria de la miiiicD Choiaj-)
irionaux du Touàt, que sature l'eau sortie de l'Erg occidental. Le thfm sévit avec violence en mai et en octobre dans les ksour (villages) des Metarfa et des Oulad-Saïd, à Tabelkouza, au milieu des dunes, et sur les bords de la grande 1. Vordan, art. cita, p. 301.
Sebkha, à Deidoul, à TimmimouQ. Des Chaâmba en expédition ont contracté la fièvre pour avoir campé en passant dans une de ces oasis malsaines. Il est des années, racontent les indigènes, où elle a enlevé tous les habitants d'un ksar * .
Ainsi s'explique un fait dont il a déjà été question dans cette étude : la présence dans ces bas-fonds sahariens d'une population au teint noir. Bien que le nègre ne soit pas, comme on Ta dit souvent, réfractaire à l'impaludisme, — des populations entières s'en trouvent atteintes au Soudan, — il n'en résiste pas moins au mal beaucoup mieux que le blanc. II s'est donc fait une véritable sélection parmi les habitants de ces oasis malsaines : les fièvres ont relativement épargné les métis voisins du nègre, tandis qu'elles ont décimé ceux qui tenaient davantage du blanc *. Cette sélection a du reste été favorisée par l'émigration volontaire. Dans le bas-fond d'Ouargla, la séparation des deux races est aujourd'hui très nette, et, comme on l'a dit, « en raison directe de la proximité des miasmes meurtriers » . C'est ainsi que la colline de Rouissat abrite une population à peu près blanche ; par contre Ngouça et Chott sont entièrement peuplés de noirs ^
Les effets du climat peuvent donc, en certains cas, se
faire sentir jusque dans le croisement des races. Ce n'est
pas la première fois qu'on a l'occasion de s'en apercevoir.
Après quatre siècles de colonisation européenne, les mulâtres
le forment pas de population stable au Sénégal. Leur
nombre a toujours été en raison directe de celui des Euro-
péens. « Lorsqu'il n'y a pas d'intrusion de sang blanc ou
^Oir dans la descendance, les arrière-pelits-enfants sont le
P^s Souvent, sinon toujours, inféconds; lorsqu'il y a une
^ ^yne. Une ghazzia dans le Grand Sahara^ Alger, 188i, p. 40.
^lir*v/^^ sang nègre a vaincu le sang blanc. » (Duveyrier, ouv. cité, p. 289.) ^ « ^^''eisgerber, art. cité, p. iil.
el, broch. citée, p. 31.
nouvelle addition de sang blanc, les individus de la génération suivante sont moins vigoureux que leurs ancêtres*. » Le mulâtre disparait donc au bout d'un certain temps, ou tourne au nègre pur. Il semble qu'il se produise au Soudan un phénomène analogue, lorsqu'il y a mélange du nègre haoussa avec l'élément peulh ou berbère. Dans ce cas, c'est encore le type nègre qui l'emporte*. Les croisements font ainsi disparaître peu à peu les races conquérantes au teint clair, et l'on peut prévoir le moment oii les maîtres actuels des royaumes de Sokolo et autres seront devenus aussi noirs que les vaincus. L'inverse s'est produit en Kabylie, où les Turcs avaient établi quelques colonies de nègres. Là, les conditions sanitaires étant absolument différentes, c'est le sang berbère qui a prévalu. Aujourd'hui les descendants de ces nègres ne se distinguent plus des autres habitants '.
Il était bon de noter cette intervention du climat dans le mélange des races, car rien ne met davantage en lumière ce qu'on appelle, d'un terme peut-être barbare, f adaptation au milieu. Lorsqu'elle fait défaut chez l'une des deux races qui se trouvent en présence, le climat rejette obstinément cette race hors du mélange, et c'est toujours le type de la race acclimatée qui reparaît.
Or il n'y a pas pour l'Européen, en Afrique, d'acclimatement possible contre la malaria. Le fait n'est que trop prouvé par l'expérience du Sénégal. « Plus un Européen reste dans le pays, plus il est exposé à l'infection... Dès la deuxième année, les fièvres deviennent plus nombreuses, et surtout plus graves. Pour avoir subi trois ou quatre hivernages sans accident, on n'est pas sûr de ne pas périr l'année suivante *. » Même observation pour la population militaire d'Ouargla. Les Français, mieux nourris et mieux soignés que les Arabes
4. Di" Bérenger-Féraud, Note sur la fécondité des mulcUret du Sénégal {Revue d*Anthrop., 4879, n, p. 588).