‹ Le SaharaChapitre 220 sur 346 · Borius, Les maladies du Sénégal, p · texte numérisé non relu

Borius, Les maladies du Sénégal, p

et les Kabyles, n'en sont pas moins les plus éprouvés, et parmi eux, ceux qui ont eu les fièvres à une époque antérieure . Aussi les Européens feront-ils bien d'éviter de s'établir dans ces bas-fonds voués à une insalubrité irrémédiable. On pourra sans doute assainir quelques oasis de FOued- Rirh, en dérivant les eaux stagnantes vers les dépressions voisines, en comblant les fossés des villes *, en plaçant les villages en dehors des jardins : on n'assainira pas Ouargla et les oasis nombreuses, où les eaux de surface ne peuvent être évacuées par suite du défaut de pente, et où, suivant l'expression énergique d'un médecin, a on ne peut cultiver le palmier sans cultiver la fièvre * » . Ces parties du Sahara, comme le Sénégal, comme d'autres pays de malaria intense, seront toujours, de par le climat, le domaine incontesté des noirs.

En dehors de ces oasis malsaines, les maladies sont rares au Sahara. Ce sont des accidents dus à la radiation solaire, au rayonnement nocturne, à la mauvaise qualité des eaux. Malgré l'ardeur des rayons solaires, les coups de soleil sont peu fréquents : cela tient en partie au soin que les indigènes mettent à se garantir la tète *. C'est par une précaution du même genre que les Touareg se couvrent le visage d'un voile. Les « voilés » du Sahara sont connus de temps immémorial. « Le voile est une chose qu'ils ne quittent pas plus queleurpeau, » écrivait El Bekri au xi^siècle^ Il y a là plus qu'un trait de superstition nationale : cet usage, partagé par les Tébou et même par certaines tribus arabes, a pour but

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