Hist des Berbères, pass. cité
les habitants du désert * : a ils sont gaillards et sains jusque vers soixante ans; il est vrai qu'ils sont maigres et minces ». D'après Duveyrier, les Touareg centenaires ne sont pas rares; à soixante-seize ans, le vieil émir Ikhenoukhen supportait les fatigues de la vie nomade aussi vaillamment que le plus jeune de ses fils '. Dans tout le Tibestî, Nachtigal n'a pas vu trace de scrofule ni de rachitisme; ces hommes qui habitent le pays le plus misérable du monde, qui ont la faim pour compagne pendant la moitié de l'année ', sont admirablement constitués et auraient même une véritable beauté de formes *, n'était leur maigreur.
Cette maigreur est, avec la.santé, le trait caractéristique des Sahariens. Tous, Téda, Arabes et Berbères, sont, suivant le mot de Nachtigal, aussi secs que le pays qui les a vus naître •*. L'alimentation, les pertes sudorales, la mobilité que la nature leur impose, empêchent chez eux la formation do ce produit de réserve qu'on nomme tissu graisseux, et qui ne serait d'ailleurs pour eux qu'une surcharge inutile *.
Quel contraste lorsqu'on passe du Sahara au Soudan! A mesure que sur le sol les traces du climat saharien s'effacent, on voit s'altérer chez les hommes le type de l'habitant du désert. Les Tebou Daza des oasis du Borkou sont moins beaux que leurs frères du Tibesti; à leur tour les Kanembou ou habitants du Kanem n'ont plus leur physionomie anguleuse et fine, mais les rappellent encore par la régularité de» traits '; enfin les Kanori du Bornou, ces métis de Téda et de nègres, ne se distinguent plus des nègres purs. Deux
i. Gagliardi sono e saDi infino a sessanta anni, o d'intorno; ô vero che essi sono magri e sottili. (Detcrittione delCAfriea, prima parte, fol. iO c )