Nachtigal, II, p
forces agissant dans le même sens, le climat nouveau et le métissage, ont transformé la race, ou plutôt en ont ctéé une nouvelle : les Kanori, lourds, épais, trapus, souvent obèses, peuple laid, s*il en fut S n'ont plus rien qui rappelle en eux leurs ancêtres du Sahara*. Aujourd'hui le Téda pur ressemble davantage aux Touareg, avec lesquels il n'a aucune parenté directe, qu'à ses frères de race croisés de nègre, qui habitent le Soudan. Même les Téda établis au Bornou depuis le xvi* siècle, époque à laquelle le roi Edris Alaoma les déporta en masse du Kanem, sont déjà en voie de dégéné> rescence : devenus agriculteurs et sédentaires, ils n'ont déjà plus entièrement le type de leurs compatriotes du désert '.
Le climat — et par là nous entendons l'ensemble des phénomènes qui agissent perpétuellement sur l'homme — peut donc imposer à une race des modifications profondes. Jusqu'où va cette évolution dans le Sahara? On ne voit pas que le type particulier à la race puisse disparaître tout entier. Bien que Texistence commune au désert leur ait donné un air de famille, on distinguera toujours, à certains indices, le Saharien arabe du Berbère. Chez les Touareg, les yeux clairs et surtout la grande taille reparaissent avec une persistance qui évoque l'image d'on ne sait quels ancêtres venus du nord *. Ce n'est donc pas un vain mot que l'hérédité de race, et le climat n'efface point, même dans une patrie nouvelle, ce lointain souvenir des aïeux qui vit dans notre sang. L'action de la nature s'ajoute à la fatalité héréditaire, et de cette alliance naît un type de nature particulière, dans lequel on reconnaît l'ancienne race, adaptée au clioiat nouveau.
1. Plumpe, schwerfôllige Gestalten... zur Fettbildung geneigt (Nachtigal, II, p. 425,460).
2. DieKennzeichen des nôrdlichen Ursprungs verschwunden {Ibid., p. 424).