‹ Le SaharaChapitre 235 sur 346 · Denham, traduct, I, p · texte numérisé non relu

Denham, traduct, I, p

ment inséparables que le même verbe ' signifle à la fois t7 est libre, et il pille.

Les nomades sahariens mettent donc toute leur intelligence au service de la pire des causes : le vol. Cela dit, il faut avouer qu'ils sont des voleurs incomparables. Ni le temps ni la distance ne comptent pour eux. Le capitaine Coyne a recueilli, de la bouche d'un chef, le récit d'une razzia

Itinéraire de la razzia des Chaàmba en i875.

des Arabes Chaàmba*. On peut la considérer comme le type de toutes les expéditions de ce genre. Trois cent soixante-quinze guerriers — dont vingt-quatre à cheval, le reste à mebari, — se réunissent en 187S à El-Golea, dans le but d'aller razzier les Berâber, au Maroc. Ils ont pour se ravitailler un convoi de chameaux de bât. Partis le 19 août, ils gagnent le Gourara, traversent la Sebkha, puis l'oued Saoura, à El-Kheneg, tirent vers Pouest par une hamàda déserte, et atteignent le TaQlelt sans avoir donné l'éveil. Là, ils se divisent. En trois jours, leurs bandes ont battu

i. làhagh. De 1& dérive le nom naUonal que les Touareg se donnent: Imôhagh ou Imôchark, les hommes librei, (Duyeyrier, ouvr. cité, p. 318.)

S. Ce récit détaillé a été publié sous le titre : Une ghaxxia dont le Grand Sûkmra. Alger, 4881.

tout le pays jusqu'au Drâa, tué quelques hommes, ramené des chameaux, des troupeaux de moutons, des bergers et des femmes. On mange le plus qu'on peut des moutons, on abandonne le reste, on rend la liberté aux bergers et aux femmes, et on bat en retraite avec les chameaux. Il est temps. Les Berâber, au nombre de quatre mille, sont déjà postés sur le chemin du retour. Les pillards les trompent par une marche habile, s'enfoncent droit au sud, dans les dunes, où les chevaux de leurs adversaires ne peuvent les suivre, enlèvent encore en passant une caravane qui allait à Timbouctou, et repassent Toued Saoura sans encombre, après cet énorme détour. Le 10 octobre, ils rentrent à El-Golea chargés de rapines, sans autre accident que deux chevaux morts de soif.

Il est des tournées de pillage plus lointaines encore. On a vu des Ourfella de la Tripolitaine partir en expédition contre les Kèl-Ouï de TAïr '. Souvent même, une troupe se met en marche sans savoir au juste quelle direction elle prendra. En 1860, les Arabes de la Grande Syrte allèrent ainsi, en nombre, chercher aventure. Ils gagnèrent par le pays touareg les bords du Niger, livrant bataille, poussant devant eux des troupeaux et des esclaves, puis, tournant vers Test, traversèrent le Damerghou et le Kanem. Repoussés du Ouadaï, ils allèrent encore assaillir les Tebou dans leurs montagnes et revinrent enfin au bord de la Syrte, après ce tour immense dans le désert. Ils étaient partis deux à trois mille, ils revenaient trois cents *.

Le Targui* en course dépasse encore TArabe en vélocité. Son équipement est le plus simple du monde : ses armes, quelques vivres, et une outre d'eau, placés sur le méhari qui le porte. Point de chameaux de charge, qui auraient le

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