‹ Le SaharaChapitre 239 sur 346 · Ouvr. cité, I, p · texte numérisé non relu

Ouvr. cité, I, p

rhonnèteté, la fidélité, la franchise, mais seulement lorsque

leur intérêt le commande, ou qu'ils ne peuvent éviter de le

faire. C'est ainsi que la coutume, née du souci.de la défense

commune, préserve plus ou moins les uns des autres.les

membres d'une même tribu, mais tout est permis contre

l'étranger. Comme l'a dit un voyageur qui a vécu de la vie

des indigènes, « on peut le voler, le piller, le tuer : nul ne

prendra sa défense; s'il résiste, chacun lui tombera sus * ».

Il n'est donc qu'un moyen de passer sans encombre : c'est

d'acheter par avance la protection du plus fort. L'étranger

fait marché avec un chef, qui pour une certaine ^somme

s'engage à le garantir contre les violences sur le terrain de

parcours de sa tribu. Cet usage est sans doute aussi^vieux

que le désert lui-même. Dès le x® siècle, les marcbasiids' du

Maroc achetaient ainsi leur sécurité aux nomades inattres

des routes '. Ibn-Batoutah a dû de même payer tribut aux

Touareg Hoggar*. Lorsqu'au xv« siècle Léon l'àlriGain

atteignit Araouân, sur la route de Timbouctou, le chef -des

Zenaga vint à la tête de cinq cents cavaliers montés à dos

de chameau percevoir le droit de passe sur la caravane ^^

Aujourd'hui encore, le sauf-conduit, le contrat qui rachète

l'étranger du meurtre et du pillage, est d'un usage universel

dans le Sahara '^. Ce marché porte des noms différents selon

les régions : il se .dit debiha ou anaïa slu sud du Maroc;

selon qu'il s'agit d'un permis de séjour ou d'un simple droit

de passage * ; on l'appelle ghefara, le pardon^ dans le Sahara

central ^. . .

Ce dernier terme à son éloquence. Ces faméliques qui

De peuvent vous voir passer sans vouloir leur part de vos

i. Gh. de Foucauld, Rteonnaissanee au Maroc, p. 130.

i. Ibn-Haouqal, traduct. de Slaae, Journal a«ta<., 1B42, 1, p. 956.

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