Ouvr. cité, I, p
rhonnèteté, la fidélité, la franchise, mais seulement lorsque
leur intérêt le commande, ou qu'ils ne peuvent éviter de le
faire. C'est ainsi que la coutume, née du souci.de la défense
commune, préserve plus ou moins les uns des autres.les
membres d'une même tribu, mais tout est permis contre
l'étranger. Comme l'a dit un voyageur qui a vécu de la vie
des indigènes, « on peut le voler, le piller, le tuer : nul ne
prendra sa défense; s'il résiste, chacun lui tombera sus * ».
Il n'est donc qu'un moyen de passer sans encombre : c'est
d'acheter par avance la protection du plus fort. L'étranger
fait marché avec un chef, qui pour une certaine ^somme
s'engage à le garantir contre les violences sur le terrain de
parcours de sa tribu. Cet usage est sans doute aussi^vieux
que le désert lui-même. Dès le x® siècle, les marcbasiids' du
Maroc achetaient ainsi leur sécurité aux nomades inattres
des routes '. Ibn-Batoutah a dû de même payer tribut aux
Touareg Hoggar*. Lorsqu'au xv« siècle Léon l'àlriGain
atteignit Araouân, sur la route de Timbouctou, le chef -des
Zenaga vint à la tête de cinq cents cavaliers montés à dos
de chameau percevoir le droit de passe sur la caravane ^^
Aujourd'hui encore, le sauf-conduit, le contrat qui rachète
l'étranger du meurtre et du pillage, est d'un usage universel
dans le Sahara '^. Ce marché porte des noms différents selon
les régions : il se .dit debiha ou anaïa slu sud du Maroc;
selon qu'il s'agit d'un permis de séjour ou d'un simple droit
de passage * ; on l'appelle ghefara, le pardon^ dans le Sahara
central ^. . .
Ce dernier terme à son éloquence. Ces faméliques qui
De peuvent vous voir passer sans vouloir leur part de vos
i. Gh. de Foucauld, Rteonnaissanee au Maroc, p. 130.
i. Ibn-Haouqal, traduct. de Slaae, Journal a«ta<., 1B42, 1, p. 956.