Blad-el-khouf
Rien n'est caractéristique comme rhistoire presque séculaire des Aoulad-Slimân, que Lyon, Barth et Naclitigal eut notée tour à tour. Au début de ce siècle, les Aoulad-Slimàn étaientune tribu arabe de la GrandeSyrte.toujoursen guerre avec les tribus voisines, et en révolte contre le pacha de Tripoli. Vaincus une première fois, ils se retirèrent quelque temps en Egypte, pour revenir bientôt' disputer Mourzouk au sultan du Fezzân. Mais le sultan s'entendit avec son voisin de laTripolitaine, et alors commença contre eux une guerre sans merci. Deux cent cinquante de ces malheureux furent égorgés de sang-froid dans TOued-ech-Chati, après avoir eu promesse de vie sauve... Les quelques hommes qui échappèrent à l'extermination se dispersèrent, et se fondirent dans d'autres tribus; c telle fut, raconte Lyon, la fin des Oualed Souliman 1 *» Cependant, vingt ans plus tard, lorsqu'une nouvelle génération entre en scène, la tribu, reconstituée et redoutable, parcourt de nouveau les routes au sudde laTripolitaine : vers 1830, son chef Abd-el-Djelil est le véritable roi du Fezzân. Douze années durant, les Aoulad-SIimân, en tout un millier d'hommes, disputent ces oasis aux armées des Turcs *. Vaincus enfin, chassés du Fezzân comme ils ont été chassés de la Syrte, ils vont jusqu'au Kanem chercher un pays sans maître et des populations sédentaires dont ils puissent faire leur proie. Là, ils ont bientôt groupé autour d'eux tout ce qu'il y a d'aventuriers arabes au désert, et recommencent leurs courses périlleuses : en trois ans, ils enlèvent des milliers de chameaux aux Touareg de l'Aîr. Mais ceux-ci, menacés dans le commerce de sel qui les fait vivre, réunissent en 1850 jusqu'à sept mille hommes et taillent en pièces leurs ennemis. Quelques guerriers seulement
1. Vers iSlS. (Nachtigal, ouvr. cité, I, p. 473.) Nous avons préféré suivre, pour la chronologie, la chronique arabe résumée par Nachti^, plutôt que les traditions orales recueillies par Lyon.