‹ Le SaharaChapitre 245 sur 346 · Gadouit · texte numérisé non relu

Gadouit

3. De Bonnemain, Voyage d R*adaméi {Riv.alg, et eoL, 1859. p. l!i2-23). — Duveyrier, Lee Touareg du Nordy p. 260. — Rohlfs, Quer dureh Afrika, I, p. 71.

4. n était signalé à Tozeur dés le xi» siècle. (El-Bekri, trad. de Slane, p. 118.)

8. Rhanikof» Mémoire swr la partie^ mérid. dé l'Asie cetUrale^ p. i03.

de Pline, se distribuait l'eau de la fontaine de Gabès *.-

Le grand problème, dans ces oasis de sources i^rtégieDoes,

est de curer l'oriCce par oii l'eau se déverse, ou de lui creu-

Uae itgaia dans l'oaais de Tozeur.

(Photographie commuDiqula par ]■ SociéU ds gtegriphie.)

ser de nouvelles issues. Depuis bien des siècles, on connaît au Sahara l'art de faire jaillir l'eau de la terre. La plupart des puits qui arrosent Khargueh, l'ancienne oasis de Thèbes, sont l'œuvre d'architectes, qiiî vivaient bien avant l'époque où Olympiodore a fait mention de leurs tra-

I. Font... eerlii hwarum tpatiU dUpentatur inter inatbu. {Hiit. nat. L. XVllI, u.)

vaux *. Peut-être cet usage n'est-il guère moins ancien dans le désert situé au sud de l'Atlas. Les chriat^ ou fontaines naturelles de rOued-Rirh s'ouvrent au sommet de petites buttes percées d'un cratère : il y a là un véritable phénomène d'éruption causé par la pression de l'eau souterraine, qui a soulevé en dôme les couches quaternaires, avant de jaillir au travers. Il est probable que l'homme s'est inspiré de bonne heure de cet exemple suggestif donné par la nature. Le fait est certain en ce qui concerne le moyen âge. Ibn-Khaldoun signalechez les tribus berbères du Sahara « Un procédé singulier qui n'existe pas dans le Tell. On creuse un puits très profond, dont on a soin d'étayer les parois, et l'on continue ce travail jusqu'à ce qu'on atteigne une couche de pierre plus dure. On entame cette couche avec le pic, afln de l'amincir; puis les ouvriers remontent et jettent au fond une masse de fer. La couche se brise et laisse monter les eaux qu'elle recouvrait. Ce phénomène se voit aux bourgades de Touât, de Tigourarine *, d'Ouargla et de Righ*. » Jusqu'à nos jours, les puisatiers indigènes (rhetassa) ont procédé de la manière que raconte Ibn-Khaldoun. Leur art, depuis le xiv® siècle, avait même fait un pas en arrière : c'était l'homme lui-même qui perçait à coups de pic la dernière couche de roche, au risque d'être noyé par le flot qui montait*. Aujourd'hui, les rhetassaàu Sahara algérien ont laissé cette besogne à l'industrie française et se bornent à nettoyer les anciens puits.

Le travail du sédentaire est plus pénible, lorsque c'est un oued qui doit lui fournir l'eau nécessaire. Aucune oasis saharienne ne possède l'avantage de l'Egypte : un fleuve dont la crue majestueuse et régulière apporle aux campagnes

1. Toas les puits examinés par M. Schweinfurth à Rhargueh remoàtenl à h plus haute antiquité. (Notizen zur Kenntniu der Oa$e El-Chargeh^ MiUh., 4875, p. 386.)

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