ville, ouvr. cité, p. 417 et suiv
les pluies tombées par delà le désert. Quelques palmeraies seulement, presque toutes marocaines, sont traversées par un courant d*cau vive qu'on peut dériver en toute saison : telles sont Tisint S le Todra et la région du Drâa supérieur, jardin merveilleux, large d'un kilomètre et long de 150, et si bien peuplé, qu'un seul district ' renferme près de cent ksour. Presque partout, on ne peut compter que sur des crues inconstantes et sur un filet d'eau souterraine, et l'on est obligé de recourir aux barrages et aux puits, pour retenir ou ramener à la surface cette eau toujours pressée de disparaître.
Quelquefois l'homme a profité d'un barrage naturel. Laghouat est bâtie sur une chaîne de collines*, près d'une échancrure que traverse l'oued Mzi. La rivière, relevée par ce seuil de roche *, se montre sur quelque distance en amont de la coupure , et il a suffi d'en barrer plus complètement le cours pour amener l'eau dans les jardins, des deux cotés de la ville. Tisint, Tatta, Aqqa, Tizgui et d'autres oasis marocaines sont ainsi à cheval sur le Bani, immense ride rocheuse où s'étranglent les cours d'eau descendus de l'Atlas. Ailleurs, l'homme a saisi l'oued au sortir de la montagne : Brézina, El-Kantara, Khanga-Sidi-Nadji marquent chacune le débouché d'un torrent dans la plaine.
Il est d'ailleurs bien rare que l'eau courante suffise aux besoins de l'oasis. Les 59 oasis des Zibân doivent leurs 900,000 palmiers aux fontaines artésiennes, bien plus qu'aux oueds de l'Atlas ^ A Laghouat, au Maroc même, on
1. À Tisint, les canaux de dérivalion ont jusqu'à deux mètres de largeur. (De Foucauld, Reeonnaiisance au Maroc, p. iâO.)
2. Rohlfs, Mein enter Aufenthall in Marokko, p. 443- i49). — De Foucauld, Reeonnaiisance au Maroc, p. 210. — Population totale des oasis du Dràa, d'après Rohlfs : 250,000 habitants.