Ibid., p
4. Profondeur moyenne de l'eau dans les puits des oasis du Mzab;â5"s70. (Ville, Explor. géol du Beni-Mzabj etc., p. 457.)
poussent aussi drus (juc daas l'Inde, et où les canaux d'irrigation portent des barques comme ceux de la Hollande ' !
La plupart des sédentaires sahariens ne voient jamais couler une rivière, ni l'eau artésienne jaillir à l'orifice d'un puits. Ils nnl dû construire des appareils pour tirer sans cesse l'eau de la terre. Le plus simple et le plus connu est le puits à bascule : un tronc de palmier, levier à grands bras, soulève une outre ou un panier goudronné en feuilles de palmes', auquel une pièce de bois ou une pierre sert de contre-poids; c'est le chadouf égyptien, l'antique appareil manœuvré à bras d'Iiomme. Encore aujourd'hui, c'est le plus répandu dans le Sahara algérien et en Tripolitaine '. Le
Proni d'un puiU k charpente.
(D'Iprti Hiicain st Vatokki.)
puits à charpente, en usage au Fezzân, à Ghadamès et à Tripoli même, constitue déjà un progrès. Un chameau, un bœuf ou un une marchant sur un plan incliné, tire par une corde une peau de bouc munie de deux ouvertures, qui^ grâce à un deuxième cordage, s'incline et se déverse automatiquement quand cUe arrive à la poulie. Lorsque le puits est d'une profondeur moyenne, l'animal peut extraire aiosi, quatre ou cinq foispar minute, un volume de quarante à cinquante
1. Kosleako, Von Chiva naeh Fort-Katata. iUUtluU, 187i, p. 333.) — Trincbe liquide déveraée par l'Amou-Daria sur l'oasis de Khira ; 65 cenliniC'tres par an. — Woeibof, KlimaU der Erdt. Il, p. 296.
a. KhoUai-at.
3. Vatonne, Million de Chndanéi, p. 363. — Jus, Let Oaiii du Soif- Batna, 1SS3, broch. !•, p. 5. — Foureau, note mas.
litres d'eau ■. Dans les puilsàcharpente de l'Oucd-Lajâl, un simple mouvement de va-et-vient amène l'eau à la surface du sol.' De toute façon, la présence de l'Iiomme est encore nécessaire pour remplir la peau de bouc ; on a donc
PuiU à charpenle de l'Oued-Lajiil .
(Diprtl DDvEvnieB.]
inventé autre chose. Une roue horizontale s'engrène audessus du puits sur une roue verticale, qui fait tourner un câble sans fin, muni de seaux. On attelle un animal à la roue horizontale, et les outres plongent, puis remontent pleines, et se déversent automatiquement sur le bord. C'est le ioqiek égyptien, la noriu des Arabes de l'Espagne, d'où elle a été transportée au Mexique, cette autre Espagne aux arides plateaux. Au désert, oii elle rendrait tant de services, elle
1. Homemann, trad. I, p. 119. — KoitUs, Reiic darch Nord-Afrika, Mittheil, 3. Duveyrier, our, ctlé, p. 366.
ne paraît -être connue que sur quelques points du Sahara algérien et du Fezzân * .
Mais il est des. cas où les puits ordinaires ne suffisent pas, et il faut alors chercher au loin Teau nécessaire à la culture. Les foggarat^ ou puits à galerie sont les aqueducs du désert. Lorsqu'on a reconnu à quelque distance une nappe abondante et dont le niveau est supérieur à celui du terrain qu'on veut irriguer, on creuse dans rinter\^allc des puits espacés de trois à quatre mètres, et dont le fond communique par des canaux voûtés. On livre ensuite.passage à la nappe souterraine, qui s'écoule en suivant la pente qu'on lui a ménagée. Gharia, Sinaoun, Sidi-Mabed en Tripolitainc', notre oasis d'El-Golea et plusieurs oasis marocaines * reçoivent ainsi de Teau prise sous un massif de dunes ou dans une chaîne de hauteurs éloignées. Au Touàt, les foggarat sont signalées par milliers. Quelques-unes possèdent jusqu'à 80 branches latérales et forment un véritable réseau de canaux souterrains \ Les agriculteurs de l'Iran savent construire les mêmes conduits voûtés. Aussi bien les, habitants du désert n'ont-ils pas dû s'ingénier outre mesure pour trouver la foggarat; ils l'ont vue dans la nature. Ils n'ont fait que reproduire, par l'industrie humaine, l'oued souterrain qui chemine à l'abri du soleil.
Quelquefois, au lieu d'amener l'eau jusqu'au palmier, c'est l'arbre qu'on rapproche de la nappe souterraine. Dans beaucoup d'oasis du Zab occidental il existe des jardins encaissés de plusieurs mètres, dont on a patiemment déblayé le sol jusqu'au voisinage de l'eau ^. C'est au même système
i. Ex. Toasis des Oulad-Djellal, sur l'oued Djedi. (Foureau, note manusc.)