Naehtigal, Sahara und Sudan,l p. 56; II, p
pagnes et refluèrent vers le désert. Ils envahirent ainsi le Fezzân, le Zab, TOued-Rirh, le Touât, le Drâa, le Noun et « jusqu'au pays des porteurs de voile * » ; ce furent autant de nouveaux maîtres pour les sédentaires du Sahara. Lorsque Léon l'Africain, le voyageur arabe du xv« siècle, nous décrit les villes et les bourgades du désert, toujours cette parole revient comme un refrain mélancolique : < Ils sont tributaires des Arabes et très pau^Tes... Ils sont devenus leurs sujets et presque leurs esclaves '. »
Aujourd'hui, la plupart des nomades du Sahara vivent aux dépens d'une oasis autour de laquelle ils gravitent. Au Tibesti, les guerriers pasteurs du versant sud-ouest passent la montagne, lorsque vient l'automne, et vont prendre leur part des dattes que récoltent les Téda sédentaires du Bardaï '. Les Touareg ont leurs imrhâd* (hommes non libres), tribus qui sont chacune inféodées à une tribu noble et chargées de cultiver pour elle quelques parcelles de terre. Les rares oasis qui existent dans leur pays, l'Ouâdi Tikhammalt, El-Berkat, Djânet, Idélès, Silet et autres, sont entretenues par ces imrhâd^. Les Touareg Azdjêr se font nourrir en outre à Rhât et à Ghadàmès; les Ahaggar apparaissent en automne, au Touât, pour percevoir, sous forme de grains et de dattes, la ghefara^ la t rançon » du sédentaire. El-Goléa, Metlili, Ouargla, sont les greniers de nos Arabes Chaâmba ; ils sont même seuls propriétaires du sol dans les deux premières®. Les Douï-Menia exploitent
i. Histoire des Berbères, I, pp. 36, 4i, 115 et suiv.
2. «Sono vassalli degli Ârabi, e poverissimi... divennero soggetti e quasi schiavi... (DescrtUione delV Africa^ fol. 74, A), «poveri e molto gravati da gli Arabi... » (Fol. 75, F.) <c donno non dimeno tributo a gli Arabi dl quali sono vassalli. » (Fol. 75, 6.) c Guargala risponde a gli Arabi suoi vicini gran Iributo. » (Fol. 75, D. etc.)