Rohifs, Eufra, p. Mi
3. Il y a eu de tout temps à Rhàt un parti turc et un parti touareg (Duveyrier, ouv. cité. — Von Bary, Reisebriefe au$ Nord Afrika. {Berl ZeiUeh Erdk. 1877.) Les Arabes Meharza du Gourara sont pour le moment partisans de la France parce qu'ils suivent la politique de leurs patrons religieux, les Ouled-Sidi-Gheikh, tandis que les Berbères voisins s'appuient sur le Maroc.
4. Ex. : les deux tiers des arbres de l'oasis de Derdj, en Tripolitaine, appartiennent aux gens du Djebel ou de Ghadâmès (Rohifs, Quer durch Afrika, I, p. 60).
les dattes sera accusé de piétiner les cultures. Le propriétaire des palmiers a besoin de moins d'eau que le cultivateur qui sème des légumes ou des céréales : Tun trouvera toujours qu'on irrigue trop, l'autre, qu'on n'arrose pas assez. Quelquefois le différend se complique d'un antagonisme de races : dans certaines oasis, les Berbères ont seuls droit de posséder la terre, tandis que les Arabes peuvent acquérir et se transmettre les palmiers *. L'eau, ce bien qu'on mesure avec tant de précautions, a souvent donné lieu à des luttes sanglantes. C'est en grande partie pour elle que les Ahlaf et les Ouled- Serhin de Laghouat se sont fusillés pendant des siècles, d'un quartier à l'autre. Avant que les Turcs eussent mis la main sur la source, la guerre des rues était également fréquente à Ghadàmès*. Deux villages de Figuig^ se sont battus pendant des semaines pour savoir à qui resterait une des fontaines de l'oasis. Un des partis creusa un fossé pour détourner l'eau de sa route; l'autre riposta par un canal souterrain; combats, embuscades, explosion de mines, construction d'un fort hérissé de fusils et de tromblons, rien ne manque à cette guerre épique autour d'une source.
En somme, le droit ne s'est guère développé chez ces populations sédentaires du Sahara. Soumises à l'action dissolvante des nomades, elles sont restées sans force pour assurer leur sécurité intérieure, et lors même que les autorités de leurs ksour ont édicté quelques principes de droit, elles ont eu rarement le pouvoir d'en exiger le respect. Lorsque M. Rohlfs, dévalisé et laissé pour mort par son hôte, voulut porter plainte au Tafilelt contre son agresseur, on lui répondit que c'était impossible, vu qu'il n'y avait pas