Les Touareg du Nord, p
— 30i — obstFiiée se perd en grande partie dans le soi. L'incurie est presque pareille à Gliadâmès. Cent soixante fieclares de terrain sont compris dans l'enceinte de l'oasis; lorsque la mission française y vint en 1862, une centaine seulement étaient encore en culture, et le tour d'arrosage, t\u\ avait coûte par an jusqu'à 7,200 francs versl820, n'en valait plus que 2,900 à la même époque ' .
L'oasis de Ghadi.méB.
(D'iprèi HiBCHiii M VAtonnt.)
Au Nefzaoua, au Djerid, mêmes signes de lassitude et de décadence. Beaucoup d'oasis ont disparu, qui étaient prospères au moyen âge; celles qui restent sont menacées à leur tour. A Zarzine, l'casis envaliie de trois côtés et réduite à quinze hectares est cernée par une ceinture de dunes blanches qui s'apprêtent à l'engloutir. Nafta est aussi entamée au sud par des masses mouvantes, qui s'avancent, recouvrant
I. Hirchcr, Miuioa de Ghaiiiméi 106-111. — Lc: jardios de Sioaoua sont de mime u en pleine dùgùoéresceDce (p. S7),
des jardins délaissés : 80 hectares déjà sont perdus pour la culture * . Cette situation lamentable est due à la négligence des hommes. On a détruit les broussailles autour des oasis, et les sables, redevenus mobiles, ont repris leur marche envahissante; on n'a plus entretenu ToriOce des sources, et celles-ci, aveuglées, ont cessé de couler. « Toutes les sources disparues, entraînant avec elles la perte d'oasis jadis florissantes, se sont taries par cette seule cause. Aujourd'hui, on compte près de cent oasis perdues dans cette région *. »
Pour juger les ravages commis dans le Sahara algérien, nous avons le témoignage de l'histoire. Le Zab était au xi« siècle une contrée florissante, cultivée par la race des Berbères Zenata. L'olivier y disputait la place au dattier et aux céréales ' ; Badès, Tehouda, Tolga, Ben-Thious étaient de riches cités entourées de villages; on regardait Biskra comme une des métropoles du Maghreb *. Plus au sud, la ville des Bcni-Ouargla, fondée près d'une cité plus ancienne par les ancêtres de nos Mzabites, ne comptait que des familles opulentes; il y avait des centaines de villages dans l'Oued- Rirh *. Survint la grande invasion arabe : cinq cent mille