‹ Le SaharaChapitre 260 sur 346 · Ibn-Khaldoun, ouv. cité, I, p · texte numérisé non relu

Ibn-Khaldoun, ouv. cité, I, p

li. Ibid.^ in, p. 277, note de Berbnlgger.

plaine dans la direction de FOued-Rirh. Les bois d'El-Golea ne sont de même que les débris d'une oasis plus vaste, comme le témoignent d'anciens aqueducs et des troncs coupés au ras du sol *. Il a fallu pacifier ces oasis et les soustraire à Tinfluence des nomades pour arrêter cette décadence dont ils sont les auteurs.

Sur d'autres points du Sahara, ils ont déjà fait le vide, et le cultivateur a fui devant des déprédations séculaires. Nachtigal a trouvé au Borkou, près d'une belle source d'eau vive', des canaux, des restes de village et mêmes les ruines d'un château fort. Mais, depuis longtemps, ces parages ne sont qu'une solitude, et le ruisseau, perdu pour l'homme, ne féconde que des roseaux. Un grand cimetière et des ruines éparses dans les trois principales oasis de Koufra ^ rappellent répoque peu lointaine où elles étaient peuplées et prospères. Au somnnei de la table de roche qui domine le lac de Bouseïma, on voit encore, perchée sur un éperon de la montagne, toute une forteresse déserte, avec ses maisons, ses murailles, ses poternes, et ses tours d'où le guetteur devait interroger l'horizon *. C'est là que les Tébou Reschâde, les anciens habitants sédentaires, se retiraient à l'approche des Arabes du Barka. Longtemps ils ont dû résister du haut de cet asile; puis, un jour, ils succombèrent devant les armes à feu. Les cités des Tébou sont ainsi tombées une à une, et le nombre des habitants n'a cessé de s'amoindrir. Une dernière razzia, ordonnée par le bey de Tripoli, leur donna le coup de grâce : tout ce qui ne s'était pas sauvé au Tibesti fut emmené en esclavage \ Un couvent de Senoùsi et un petit

4. Varisoi, La région entre OiMrgla et Ël-Golea, Bull. Soc.Géog.,\S%0,p. 139. i. A Galakka.

3. Taïserbo, Bouseïma et Kebabo. Rolilfs et Slecker n'ont pas visité les deux autres : Zirhen et Erbehna.

i. Rohlfs, Kufta, p. 273.

5. Lorsque la première caravane envoyée par le roi de Ouadai atteignit Koufra, en 481 i, il y avait encore des Tébou Reschâde; mais en 1813 une deuxième caravane trouva Toasis déserte. (Fresnel, Mémoire sur le Waday, Bull, Soc. Géog., 1840, I. p. ns, 61.)

village arabe ', voilà ce qui représente aujourd'hui la population sédentaire de Koufra. Vers Tautomne seulement, les Arabes Zouya viennent y planter leurs tentes el récolter les dattes; la plus grande partie de ce sol fertile reste en friche, et une des oasis, Zirhen, n'est même qu une huttieh * solitaire où les caravanes de passage laissent errer leurs chameaux.

Telle a été Tœuvre des nomades, et en particulier de ces tribus arabes, qui se sont abattues au moyen âge sur l'Afrique, pareilles à une nuée de sauterelles. « Autrefois, dit Ibn-Khaldoun en parlant du Barka, la dynastie des Sanhadja y avait fait prospérer Tagriculture ; mais les Arabes nomades-pasteurs y portèrent la dévastation et parvinrent à réduire graduellement, par leurs envahissements et leurs brigandages, les Hmitesdes pays cultivés. Tous les arts qui fournissent à la subsistance de l'homme cessèrent d'y être exercés; la civilisation y fut ruinée et le pays changé en désert \ » L'historien qui parle ainsi était le frère de race de ces Arabes. Il est inutile d'ajouter quelque chose à ce jugement d'un des leurs.

Un fait ressort clairement de cet état de choses : presque partout, la production est inférieure aux besoins. La datte, la seule nourriture qui se trouve en abondance, ne fournit pas à elle seule la somme d'ahments nécessaire à l'homme ; le blé, l'orge, le riz, le mil, malgré la chaleur qui permet d'obtenir dans l'année plusieurs récoltes successives *, sont loin d'être produits en quantité suffisante. Siouah, Khargueh

1. En tout, environ TOOùmes. (Rohlfs,ouv. cité, p. 333.) S. Pûturage sans palmiers.

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