Histoire det Berbères, l, p
4. Le sorgho ne met que huit ou dix semaines à mûrir. (Trabut, Les régions botaniques de V Algérie, Revue SeienHfique, 1881, I, p. 461.) A Dakhel, on cultive de décembre à mars les céréales européennes, en été, le sorgho et les autres plantes tropicales, et dans Tintervalle, on sème du trèfle dans les chaumes (Ascherson, Drei Monate in der libyschen Wûsle, p. 236). — Au Fezz&n, le gueçob donne quatre récoltes par an, dont trois de grain et la dernière de fourrage. (Rohlfs, Quer durch Afrika,l, p. 148.)
importent du blé du Nil ' ; Ghadàmès n'a pas assez de grains pour nourrir le dixième de ses habitants et se trouve même obligée d'acheter des dattes aux gens du Derdj et du Fezzân '. A Ouargla, dans l'oued Saoura, dans beaucoup d'oasis maro caines, le blé est trop cher pour être accessible à tous. Les maigres cultures du pays touareg méritent à peine qu'on les nomme ^ Celles du Bardai, la vallée qui sert de grenier au Tibesti, ne mettent pas tous les habitants à l'abri de la famine ; chaque année, un certain nombre de Téda quittent leurs montagnes et vont chercher leur subsistance à Kaouar ou dans le sud du Fezzàn *. Ce pays lui-même, que tous ces affamés regardent comme une terre promise, produite peine, ditNachtigal, de quoi suffire tout juste àTexistence ^ Un autre voyageur, le savant et peu austère cheikh Mohammed-el-Tounsi, s'est plaint avec amertume qu'on y fît si maigre chère. «Que faire en pareil lieu, s'écrie-t-il, comment tuer l'ennui? Comment s'habituer à un pays oii il n'y a pas un mets qui plaise, où bêtes et gens ont même pâture, des dattes, où le blé est si rare, qu'il n'y a que les grands qui puissent s'en procurer, où le beurre est aussi introuvable que la pierre philosophale, où le trèfle est brouté par les hommes qui le saupoudrent d'un peu de sel, où une poule se paie un demi-mithkal d'or M » Le Touât, enfin, « le jardin du désert », est loin de subvenir aux besoins d'une population très dense \ dont la plus grande partie ne mange pas à sa faim. Il est des familles, dit M. Rohlfs, qui passent une semaine entière sans avoir
1. Rohlfs, Von Tripolisnaeh Alexanirien, II, p. 420. — ScLweinfurth, Bull, Soe. Géog,, 4874, f, p. 631.
2. « Tous les objets de consommation sont à des prix très élevés... la majorité de la population de Ghadàmès est certainement dans une position voisine de la misère. > (Yatonne, Mi$sion de Ghadàmès, p. 266.)