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CHAPITRE XVI

Las VOIKS DE COMMBRCE SAHARIENNES IiANS LA NATI'HE ET l»ANS L*UISTOIRR

Le Sahara pays de transit. -— Ses voies naturelles ; roule du Tchad par le Fezzàn; — traversée des montagnes du centre par Ghadàmès et Rhâ.t, par Ouargla et Amadghor; — le carrefour du TouiU; — rextréme ouest du Sahara; — les côtes.

Le commerce Iranssaharion dans l'antiquité. — Insuffisance des textes invoqués pour et contre. — Présomptions en faveur de son existence passée; les oasis romaines ; la route de Garama à Leptis ; celle de l'Aïr et les souvenirs qui s'y rattachent.

Les voies de commerce sahariennes dans l'histoire : — !<> Avant la grande invasion du xio siècle : routes du Fezzàn aux pays du Tchad, de Tozeur à Gagho, deSidjilmâsa à Ghana; — 2o au xiv® siècle : commerce d'Oualala et de Mellù; relations de Gagho avec Ouargla et l'Egypte; le royaume de Kanem; — 30 au début du xvi« siècle : l'empire sonrhaï, grandeur de Timbouctou et de Gagho; prospérité d'Agadès; — 4«> depuis le xvio siècle : décadence des pays du Niger, ruine d'Agadès et prospérité de Kano; fermeture des routes algériennes; appauvrissement du Fezzdn.

Si Ton considère les relations qui existent entre les peuples, la limite qui sépare l'Europe de l'Afrique n'est pas la Méditerranée. Elle a été le grand chemin de l'antiquité; elle a réuni dans une même civilisation les pays épars sur ses rives. C'est le désert qui est la véritable barrière entre les deux mondes : le Maroc, TAlgérie-Tunisie, la Tripolitaine, toutes ces contrées si bien nommées Afrique mineure sont moins loin de l'Europe que du pays des Noirs.

Mais le Sahara lui-même n'était pas destiné à rester en dehors du commerce. Certains déserts, par la position qu'ils occupent sur le globe, sont demeurés de tout temps à l'écart de la circulation du monde ; jamais, jusqu'à ce siècle, les caravanes n'ont traversé l'Australie intérieure : son désert ne mène à rien. Le Sahara sépare, au contraire, deux

sociétés différentes, qui tôt ou tard devaient entrer en contact et procéder à des échanges. Ainsi le veut la diversité des climats. Les principales richesses du Soudan manquent à l'Afrique méditerranéenne ; en retour, le Soudan demande au nord les produits d'une civilisation supérieure. A ces besoins de deux grandes agglomérations d'hommes, la voie du Nil n'a pas suffi. Les habitants du désert ont dû servir d'intermédiaires, soit en convoyant les marchandises du nord et du sud, soit en faisant le commerce pour euxmêmes. Le Sahara, comme l'Iran, comme le plateau des Montagnes Rocheuses, est ainsi devenu , de par la nature, un pays de transit.

Ce n'est pas une région de production industrielle. Le soin des jardins absorbe le sédentaire; quand au nomade, « l'immensité de l'espace dévore son temps ». En dehors des objets de première nécessité, et des étoffes de laine tissées par les femmes, les Sahariens ne fabriquent rien. Mais le désert renferme au moins deux denrées susceptibles d'échange, l'une dans le nord, la datte; l'autre dans le sud, le sel. C'étaient les éléments d'un certain trafic local.

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