Hamilton, Wanderitig$ in North-Afrika, London, p
A. Suivant une tradition recueillie au Soudan et à Dakhel, cette oasis a reçu des caravanes de Bideyàt, Iribu du Ouadaï septentrional ; comme preuve de ce fait, on a montré à M. Ascherson une arme de jet soudanaise (korbadj) trouvée à plus de deux journées de marche dans le désert. (Drei MonaUin der libytehen Wiiste, p. 249. — Nachtigal, II, p. i80.)
— 3li —
le préfère à la voie commode du Nil. Ce n'est point là que passe la grande route qui relie TÉgypte au Soudan à travers le désert : elle suit droit à l'ouest les bas-fonds d'Ammon et d'Augile, puis la ligne des pâturages semés sur le versant du Ilàroudj, et ne prend qu'au Fezzàn la direction du sud.
C'est entre la petite Syrte et le Tchad que la traversée du désert est le plus facile. Les montagnes qui s'infléchissent ensuivant la courbure delà côte reculent plus loin que partout ailleurs la limite où commence l'absolue stérilité. Au delà, les oasis du Fezzân s'égrènent comme un chapelet dans la direction du sud; lorsqu'on arrive au puits de Mechrou au voisinage du tropique, la plus longue étape sans eau a été de quatre jours*. Deux puits échelonnés à trois et à deux jours de marche* permettent de traverser la région tourmentée et difficile du plateau de Tummo, au delà duquel s'allonge le cordon des oasis de Kaouar. Encore quelques étapes pénibles, 120 kilomètres de dunes, et voici Agadem ; on a devant soi la steppe herbeuse, le désert est franchi '. En quatre mois, les chameaux font le trajet de Tripoli à Kouka.
Le Fezzân est le véritable carrefour du Sahara. Les routes de Tripoli, de Benghazi et du Caire s'y croisent avec celle du Ouadaï qui longe les monts du Tibesti\ tandis que les oueds encaissés du plateau de Mourzouk donnent accès à l'ouest vers TAhaggar et l'Aïr. Le Fezzàn n'a point, d'ailleurs, de centre géographique. Tour à tour, au gré des vicissitudes politiques, Djerma, Zouila, Tràghen et Mourzouk ont été la ville marchande, vers laquelle les convois de chameaux se sont portés.
Un peu plus à l'ouest, d'autres voies s'ouvrent aux caravanes par les vallées humides des massifs du Sahara central. A l'endroit où la Hamâda-el-Ilomra, sensiblement rétrécie.
i. Nachtigal, I, p. 50.