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Le bir-el'Ouar et le bir-el-Ahmar

3. Rohifs, Reise durch Nord-Afi^ika, art. cit.. p. il-i3. — Nachtigal, I, p. 285.

i. Route suivie par Mohammed-el-Tounsi. {Voyage au Ouadaï, p. 515 et suiv.

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senfonco comme un coin entre les grandes mers de dunes, la position privilégiée d'une source artésienne, à égale distance de Gabès et de la côte tripolitaine, a dû attirer de tout temps les caravanes désireuses de gagner la Nigritie : ainsi s'explique la fortune de Tantique cité berbère libyphénicienne et romaine de Cydamus ou Ghadâmès, Les sables franchis*, la vallée de Rhât, large couloir semé de puits artésiens et de sources, permet de s'élever jusqu'au faîte de l'immense gradin de roche du Tasili, puis on marche vers TAïr par les vallées qui découpent la bordure montagneuse de TAhaggar : dans tout ce trajet, les chameaux ne restent jamais plus de quatre jours sans boire*. De l'Aïr enfin, on gagne en six jours la steppe qui précède le Soudan.

Ce n'est pas seulement par Ghadâmès qu'on peut atteindre TAïr. La ligne d'eau souterraine qui se prolonge du chott Melrirh à Ouargla, puis les grands couloirs qui s'ouvrent dans l'Erg entre les dunes donnent accès dans la vallée du Haut-Igharghar % d'où l'on peut se diriger, par plaine d'Amadghor sur les puits d'Asiou, au nort-ouest de l'Aïr ^ C'est par là que passait, selon toute apparence, l'ancienne, route du Maghreb central à Agadès. Ouargla, rentrepôt du Sud, s'esl développée au point où la route de TOuod-Mya s embranche sur la première, et fait communiquer l'Algérie avec In-Salah et le Touàt.

Le Touât est à l'ouest du Sahara ce que le Fezzàn est au centre : un carrefour et im lieu de ravitaillement pour les caravanes. Cinq routes s'y réunissent pour prendre la direc-

1. Duveyrier, Les Touareg du Nord, p. 59-60. — Deux routes mènent de Ghad&mès à Rh&t : Tune, la plus fréquentée, par les puits d'Indjerdjân et d'Indjebertân, traverse directement les dunes d'Ëdeyen ; elle a été suivie par Richardson en i8i5 {Travels in the great désert, London, 1848, p. 55 et suiv.) L'antre gagne le Tassili par Timelloulen et le plateau d'Eguélé : Duveyrier l'a prise en i 860.

± Barlh, I, p. 264 et suiv.

3. Il y a 6 jours de marche sans eau entre AYn-Taïba et El-Biodh.

4. Duveyrier, ouv. cité, p. 287 et carte. — Documents relatifs d la mission Flnlters, p. 64.

tien du sud : celles de Ghadàmès, par les plateaux de Tinghert et de Tademayt; d'Ouargla, par TOued Mya; du Mzab parTouedMeguiden; duSudoranais par l'oued Gharbi et les puits qui font suite*; du Maroc, enfin, par Toued Saoura, qui met le Tafilelt à moins de quinze jours de Tsabil'. L'Adrar Ahenet, avec ses nombreux points d'eau' et ses ruisselets d'eau courante, est l'intermédiaire naturel entre celte région et le Niger. De là, on peut soit gagner Timbouctou par Mabrouk et TAzaouad, en traversant à marches forcées le Tanezroùft le « plateau » par excellence*, soit cherchera l'est, par Timissao et Es-Souk, un chemin plus court et plus facile ^ en s'aidant des oued qui descendent de l'Ahaggar. C'est au coude du grand fleuve, qui s'avance dans le désert au-devant des caravanes, que le transit de cette partie du Sahara devait nécessairement aboutir. Mais aucun point du Niger n'a d'importance particulière, et aucune ville n'a eu le monopole du commerce sur ses bords.

L'extrême ouest du désert est moins aride, grâce à l'Atlantique, et la nature y a marqué les routes avec moins de rigueur. Les dunes Iguidi elles-mêmes ne forment pas barrière, car il est aisé d'y creuser des puits ^ L'Adrar occidental, riche en sel et pourvu de quelques cultures, et la mine de sel gemme de Taoudeni, voisine de l'oued Teli, où l'eau abonde, sont les stations indiquées entre le Draa et le Niger.

1. Oa compte 80 lieues sans eau, soit cinq à six jours de marche, entre les puits de Mengoub et le hasti Hanneh, au nord du Gourara. (Colonicu, Voyage au Gourara et d VAougueroût, Bull. Soc. Géog., 4892, p. 68.)

S. Rohifs compte iâ jours depuis Rborfa, district sud-ouest du Tafilelt, jusqu'à Bouda. (Reisedureh Marokko, etc., p. 167.)

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