Geschichte der Karthager, BerUn, 1879, p. 84 et suiv
8. Recherches sur la géographie systématique et positire des aneienSf Pari^. An. VI, I, p. 61 et suiv.
9. Rech. géogr. sur Vintérieur de V Afrique sept., Paris, 4821, p. 367 et suiv. iO. Géographie comparée, etc., I, p. 14 et suiv.
il. « Il est bien certain que les Arabes sont les premiers qui y pénétrèrent. 9 Vivien de Saint-Martin, Le nord de CAfrique dans l'antiquHé, p. 446.
- ai9 —
plus que séculaire, il est bon d'en dégager les résultats. A-t-on produit des preuves en faveur de Tune ou de l'autre théorie? L'antiquité est restée muette en ce qui concerne le commerce transsaharien. Les textes égyptiens, cette source de renseignements inappréciables, ne nous ont rien appris sur ce point. Ils nous parlent seulement de deux oasis, celle du Nord, Mahîtj et celle du Sud, Rls\ d'où l'on importait en Egypte du natron, une couleur rouge, et du vin. Même silence delà part des auteurs grecs et latins. Heeren, après RennçU, avait cru entrevoir la vérité dans Hérodote. Reconnaissant Siouah dans Âmnion, Aoudjila dans Augile, il identifiait le pays des Garamantes avec le Fezzân, celui des Atarantes avec Gatroun, les Atlantes avec les Téda de Kaouar, et croyait ainsi tenir la description de la grande route qui mène aujourd'hui de l'Egypte au Bornou-. Mais Heeren écrivait dans la première partie de ce siècle, alors que le Sahara était encore presque inconnu. 11 ne pouvait savoir ce qu'il y a d'inexactitude et de naïveté enfantine sous l'apparente précision de ces récits d'Hérodote, où tout prêle à controverse, même les faits contés avec le plus de détails. MM. Vivien de Saint-Martin et Brugsch n'ont-ils pas pu soutenir, contre Parthey et l'opinion commune, que l'armée de Cambyse avait marché, non sur Siouah, mais sur Dakhel? Hérodote nous donne du désert la physionomie pittoresque, mais c'est peine perdue de chercher au delà d'Augile les oasis rangées par lui dans une si belle symétrie. Ce que Heeren a pris pour un itinéraire de caravanes n'est qu'un ensemble d'informations prises de seconde main. Tous les voyageurs savent combien il est difficile de démêler les indications utiles dans les descriptions des indigènes : Hérodote a reproduit sans commentaires les récits
1. Kbargueh, suivant Brugsch (Bull. instiL égypi., 4874-1875, p. 92 et suiv.)
t. Ouv. cit., p. 319-68.
qu'on faisait de la contrée mystérieuse, avec leur cortège d'histoires merveilleuses et d'inévitables erreurs.
On n'est pas plus heureux avec les auteurs qui ont écrit après lui. Pline, qui rapporte en peu de mots la campagne de Cornélius Balbus dans le désert, ne rattache aucune notion commerciale aux noms des villes conquises. Un passage obscur du même auteur*, et quelques motsdeStrabon*, relatifs aux émeraudes importées d'Ethiopie ou du pays des Garamantes, ne prouvent pas que les anciens aient été en relations avec les pays situés au delà du désert. 11 en est de même de cette phrase énigmatique d'Athénée, invoquée par Heeren : « Magon le Carthaginois traversa trois fois le désert', vivant d'aliments secs et ne buvant pas. » Tout est trop vague pour constituer un témoignage précis.
Les monuments antiques manquent comme les textes écrits. On n'a découvert jusqu'ici aucune construction qui rappelle la présence des anciens dans le Sahara méridional. Les cinq grands châteaux romains, dont on voit encore à Khargueh les murailles de briques séchées au soleil *, et un tombeau découvert par Oudney près deDjerma, auFezzàn », sont dans le sud les derniers vestiges qui évoquent leur souvenir. Pas une inscription, pas une borne milliaire n'indique qu'ils aient pénétré plus avant.
Cependant, on ne pourrait douter qu'ils n'aient fait le commerce avec le Soudan, s'il était prouvé qu'ils ont eu connaissance de ce pays. Après d'Anville, Mannert et Roscher, M. Berlioux a cherché cette preuve dans Ptolémée. Reprenant à nouveau cette fameuse table de la Libye intérieure, qui a déjà fait le désespoir de tant de commenta-