‹ Le SaharaChapitre 294 sur 346 · Rohlfs, Kufra, p. 80 et suiv · texte numérisé non relu

Rohlfs, Kufra, p. 80 et suiv

Exportation des plumes à Tripoli en i869 : 635.000 fr. — — — en 1877 : 3.900.000 fr.

(Ânnalet du Comm. extérieur, 1873 et 1879, Etats Barbaresquet, Faits comm. no 15 et 18.)

2. Les marchands d'Aoudjila figurent parmi les cinq tribus berbères qui, suivant la tradition, ont fondé Agadès. (Barth, I, p. 505.)

3. Voir les extraits de chroniques publiés par BohUs. {Quer dureh Afrika, \), Nachtigal {Sahara und Soudan, 1} et Kranse {Berl. Zeitseh, Erdk, 1878).

4. Le roi Edris-Alaoma, après de nombreuses campagnes dans le nord, résida quelque temps à Bilma. (Chron, de Vlman-Ahmed, dans Bartb, II, p. 337.)

5. Les Bornouans en étaient venus à souhaiter que les Turcs s'établissent à Kaouar. (Bartb. 111, p. 10.)

TAïr, par les Aoulad-Sliman, rançonnés au passage par les Teboude Kaouar, qui se rattrapent sur les petites caravanes des exactions qu'ils ont eux-mêmes à subir S les marchands de Mourzouk ont pris le parti de ne plus risquer le voyage, à moins de partir en grande troupe, avec un nombre respectable de fusils. Mais on n'organise pas tous les jours une expédition aussi considérable : Nachtigal a dû attendre du 8 octobre au 18 avril qu'une occasion semblable lui permît de gagner le Tchad. Ainsi la plus directe des routes transsahariennes se trouve relativement délaissée, et le commerce de Mourzouk végète*, faute d'une entente avec un groupe de nomades qui lui assurerait la sécurité.

Sur la route de Rhât, nous trouvons au contraire traitants et nomades associés dans l'intérêt commun: les premiers achètent par le paiement d'une taxe la protection des chefs guerriers des Touareg Azdjer et des Kêl-Ouï de PAïr, tandis que les tribus non nobles participent aussi au commerce, en se chargeant de la conduite des caravanes, et en louant leurs chameaux pour le transport'. Grâce à cet accord, qui paraît déjà vieux de plusieurs siècles*, la route de Rliàt

1. Vogel et de Beurmann ont dû donner chacun 100 thalers au chef de Kaouar ; Rohlfs essaya en vain de l'attendrir en lui offrant deux pains de sucre, deux rasoirs, un poignard, de l'eau de rose, six mouchoirs, dix thalers et un harmonica : il dut ajouter un burnous brodé d'une valeur de 30 thalers pour avoir la permission de continuer sa route. {Rtise von Tripoli nach Kukay Mitthêil, Ergdnzungsh., n. 25, p. 26.) Quant à Nachtigal, venu avec une forte caravane, il n'offrit qu'un burnous, un tarbouch, i± aunes de mousseline et trois Ûacons d'essence, et comme il refusait de donner davantage, le chef se résigna, non sans lui déclarer ingénument qu'il espérait se rattraper à son retour.

± Barth n'évaluait pas à plus de 100,000 thalers Marie-Thérèse le total annuel des échanges. (Reiseny I, p. 180.)

3. Un certain nombre de Kél-OuI font d'ailleurs le commerce pour leur compte; Richardson les appelle les plus grands marchands d'esclaves du Sahara (Narrative of a mistioa to Central-Afriea, Londres, 1833, U, p. 72).

4. Léon l'Africain en fait déjà mention : « Ma le carovane che passano per li diserti loro, sono tenute di pagare ai lor principi certa gabella. > {Descrittionc delVAfrica, l. \, chap. 20.)

a gagné en trafic tout ce que celle de Bilma aperdu. Kano est ainsi devenu le centre du commerce arabe : c'est là que se rendent la majeure partie des cotonnades, des soies, des tapis, des armes et produits fabriqués de toute espèce, que le Soudan reçoit du nord ; soixante à quatre-vingts négociants blancs y sont établis à demeure, et leur nombre s'élève à plusieurs centaines pendant la saison des affaires, après les pluies * . Le Bornou lui-même importe et exporte par Zinder la plupart de ses marchandises, et se trouve ainsi tributaire de la route touareg ^ Un fait curieux, noté par Richardson et Barth à dix ans d'intervalle, montre encore mieux quelle attraction cette route exerce sur le commerce. Kano est le centre de fabrication de ces fameuses et solides cotonnades soudanaises dont ceux des indigènes qui n'usent pas de laine se servent de préférence dans tout le Sahara; du temps de Barth, la ville en expédiait au moins 300 charges par an à Timbouctou et au Sahara occidental. Il semblerait naturel que ces envois fussent acheminés droit à Touest dans la direction du Niger; mais tels sont les risques de pillage, qu'on leur fait prendre la route du nord : ils vont à Ghadâmès, ou tout au moins à Rhât, de là au Touât, et n'arrivent au bord du grand fleuve qu'après cet immense dé tour ^

C'est ainsi que l'association de quelques populations et la sécurité relative qui en résulte, jointe à l'insécurité que les Touareg ont soin d'entretenir dans les régions voisines, a eu pour effet de canaliser en quelque sorte le courant des échanges. Il n'est pas inutile, au moment où l'on s'apprête de nouveau à nouer des relations avec les

i. BarUi, Beiien^ lï, p. i50. — Staudinger, Im Herzen der HaMsalânderf p. 360-66.

Page 1