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tranger comme une source de revenus, pour se désintéresser de lui tout à fait, fût-il cent fois en règle. Ils trouvent tout naturel de se nourrir à ses dépens. Richardson les montre, rôdant le soir dans les rues de Rhât, comme des loups en quête de pâture, se faisant ouvrir une maison à grands coups frappés sur la porte, et engloutissant, sans mot dire, les plats préparés pour la famille, sous les yeux du marchand humilié ^ Un autre jour, c'estPhéritier présomptif d'un cheikh, qui se réclame de son autorité future, cricj jure, tempête et menace le marchand de lui couper la gorge, s'il ne reçoit de lui un présent. Cependant, fort de son droit, l'Arabe résiste, malgré les supplications de ses confrères de Rhàt : « Êtes-vous fou, lui dit-on de toutes parts, de ne pas donner une paire de douros à ce grand gaillard? Si vous voulez, nous les donnerons pour vous. » Enfin, le Aarf; s'exécute, et l'on envoie vite l'argent à Pirascible guerrier, non sans qu'un négociant de la ville n'ait ajouté deux douros de sa poche pour l'apaiser*.
La plupart des négociants supportent, en effet, ces petites pirateries avec patience; ils les passent philosophiquement parle compte de profits et pertes, et se montrent avant tout préoccupés de ne pas s'aliéner leurs sauvages mais indispensables protecteurs. Les Touareg sont les véritables maîtres de Ghadâmès: c'est à eux que vont toutes les prévenances. Si im chef arabe tombe dans la misère, la corporation des marchands le nourrit et l'entretient; les Touareg en visite sont nourris pendant toute la durée de leur séjour; si leur naturel querelleur leur attire des désagréments avec l'autorité turque, c'est encore la ville qui s'interpose et paye même l'amende pour eux*. Ces attentions des Ghadâmèsiens s'expliquent, car si, en principe, la