‹ Le SaharaChapitre 298 sur 346 · Ibid.. p. 74, i66 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid.. p. 74, i66 et suiv

le Touât proprement dit restent pour ainsi dire en dehors du grand commerce, qui est localisé au Tidikelt et dans sa capitale In-Salah.

In-Salali est aux Touareg de TAhaggar et de TAdrar- Alienet ce que Ghadâmès est aux Azdjer : une protégée et une table ouverte. « Sans les coutumes, sans les présents, les victuailles que les gens dln-Salah donnent aux Ahaggar, ces derniers seraient exposés à mourir de faim; sans la la protection que les Ahaggar donnent aux caravanes d'In- Salah, le commerce qui fait la richesse de la ville serait impossible. * » Ici encore, la protection octroyée par les guerriers entraîne la location des chameaux d'une tribu vassale. Les Isaqqamàren, vassaux des Kêl-Rhelà, « la plus puissante tribu noble de TAhaggar », ont le monopole des transports sur la route de Rhàt à In-Salah, tandis que les marabouts Ifôghas se chargent des convois pour Ghadâmès *; les Arabes Sekakna et Mazil font le même métier sur la route de Tlmbouctou, sous le patronage des ïouâreg- Taïtoq, à qui ils payent la ghefara^. Toutefois, les commerçants d'In-Salah ne sont pas entièrement à la merci des Touareg; ils se sont ménagé d'autres protecteurs. Les Arabes Oulad-ba-Hammou, aussi braves que les Touareg, dont ils ont adopté les usages, font contrepoids aux Ahaggar, et leur cheikh, Abd-el-Kader-Ould-Badjouda, était peut-être, vers 1880, le chef le plus influent du Sahara central. Ce n'est pas tout. 11 fallait un autre patronage à Timbouctou, au point d'arrivée des caravanes : les marabouts El-Bakkay couvrent les négociants d'In-Salah de leur autorité religieuse, en échange de quoi la ville entretient trois zaouia^, et leur envoie en plus de nombreuses aumônes. C'est sur

\. Duveyrier, Touareg du Nord, p. 298.

2 Ibid., p. 360. 375.

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