SchOck, ouv. cité, T, p
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le même sort. On renonça désormais à tenter le passage. La garnison d'Arguin ne vivait plus que grâce aux contrebandiers de Zélande, qui venaient chercher de la gomme comme par le passé *. De 1698 à 1709, cette douzaine d'hommes, esclaves de leur consigne, restèrent sur ce roc stérile, sans nouvelles de la mère-patrie. Comme à leur retour on leur demandait quelle avait été leur vie : t ils avaient dormi, s'étaient promenés, regardés les uns les autres, étaient allés à la pêche et avaient toujours vécu dans le bon espoir qu'un navire viendrait avec une cargaison* ». La compagnie d'Emden était morte, et Arguin passée aux mains des négociants de Rotterdam, qui s'étaient chargés d'entretenir la petite garnison prussienne. Mais le commerce était bien tombé : lorsqu'en 1713 le roi-sergent Frédéric- Guillaume 1®*" demanda 150 nègres, qui devaient jouer du hautbois dans ses musiques militaires, les armateurs hollandais ne purent déférer à ce désir ^ Le roi de Prusse ne rêvait plus qu'une chose : se défaire de ces colonies malencontreuses *. Arguin fut enfin vendue, en 1717, à la Compagnie hollandaise des Indes, qui ne la garda pas. La Compagnie française d'Occident, héritière de celle du Sénégal, s'était en effet décidée à faire valoir ses droits. Il s'enguivit une petite guerre % et finalement l'île lui resta, ainsi que la mauvaise plage de Portendic, où l'on venait aussi chercher la gomme.
La Compagnie ne fit pas grand'chose de ces conquêtes. Les forts d' Arguin et de Portendic furent démolis en 1727%
4. Labat, Nouvelle relation de V Afrique occidentale^ Paris, 17i8, 12o. I, p. 91. — Schiick, ouv. cité, II, p. 51i.
2. Interrogatoire du sous-commissaire Dûring, ouv. cité, II, p. 517.