Ihid., I,p
i. c Allen menschmoglichen Fleiss anzuwenden • (Lettre du roi, ibii.j p. 305).
5. Voir Labat, ouv. cité, I, et le livre de M. Berliouz, André Bruë, Parist
6. Labarthe, Voyage au Sénégal en 178i et 4785, d'aprét les mémoires de Lajaille, ancien officier de la mariiie, Paris, 4802, 42, p. 43-48.
et elle reprit sa politique traditionnelle, qui était d'interdire au commerce Taccès de la côte et d'attirer la traite de la gomme à ses escales du Sénégal. Mais elle n'y réussit qu'à demi et un mémoire envoyé par Bussy en 1754, à son passage à Gorée, prouve que la contrebande anglaise était alors plus active que jamais *. Devenus maîtres du Sénégal, les Anglais n'agirent pas autrement que la Compagnie : ils canonnèrent avec vigueur tous les navires qui se présentèrent à Arguin et à Portendic*. Mais, lorsque la paix de Versailles nous rendit notre colonie, ils se réservèrent le droit de commercer à Portendic som voiles : ils y traitaient, en 1787, environ le tiers des gommes du Sahara \ La France rentrée en possession de la côte saharienne n'a point relevé ces comptoirs et, disons-le tout de suite, elle n'avait pas aie faire. Us n'ont jamais eu d'importance qu'à titre de concurrence au Sénégal. Comme l'a dit l'officier à qui nous devons la meilleure étude qu'on ait faite de ces régions avant Faidherbe, « le chemin naturel de la gomme du Sahara doit la mener sur les bords du Sénégal, et les maîtres de ce fleuve l'y attireront toujours, si leur conduite est ferme, politique et raisonnable * » .
Arguin et Portendic n'ont pas été les seuls points de cette côte où l'on ait tenté le commerce. L'Espagne, héritière des îles Canaries, a occupé au xv® siècle une partie du littoral qui leur faitface. En 1476, le gouverneur Diego Garcia de Herrera y débarqua de nuit et construisit une forteresse qu'on nomma Santa Cruz de Mar Pequena ou Mar Menor; et à partir de ce moment l'on voit les gouverneurs des Canaries
i. Mémoire iur le Sénégal, mss. Bibliot. nat., 8993, fonds franc., folio 2, verso.
S. Le Brasseur, ancien administrateur à la côte d'Afrique» mss. Bibliot . nat. iSOSO, fonds fr. — Golberry, Fragmens d'un voyage en Afrique, fait pendant les années 1785, 1786 et 1787, Paris et Strasbourg. 1802, 1, p. 2i6.
3. Ibid,, I, p. 340. — Ce droit a été racheté par la France en 1857.
A îbid., I, p. 300.
porter le titre de Capitaines généraux (f Afrique ^ D'autre part, l'on conserve à Madrid, à la Bibliothèque de l'Académie d'histoire % l'acte de soumission, signé en 1499, des chefs d'Ifni, Ofran, Tagaost et autres villes du Noun, et un passage de Zurita ' nous apprend que Tannée suivante Alonzo de Lugo bâtit dans ces parages le fort de San Miguel de laSaca*. Enfin, il ressort des ordonnances du tribunal colonial (casa de contrataciôn) de Séville * qu'en 1504 les Espagnols avaient une factorerie dans cette même cité de Tagaost, que Léon l'Africain nous présente comme une des plus riches du Sous. Mais que fut au juste le rôle de ces forteresses espagnoles? Souvent bloquées ou attaquées par les Maures, eurent-elles jamais des relations suivies avec l'intérieur? Les archives des Canaries eussent peut-être pu nous le dire, mais elles ont été brûlées par les corsaires barbaresquos, et ces conquêtes africaines sont tombées dans Toubli. Cinq ou six « châteaux des chrétiens », ruines qui n'ont plus d'histoire, jalonnent encore le rivage d'Agadir au cap Juby, et l'on ne sait même plus laquelle de ces forteresses qui croulent fut Sainte-Croix-de-la-Petite-Mer*^.
1. Épltaphe de Herrera, dans le monastère de Saint-Bonaventure, lie de Fuerleventura (Bol, Soe. geog. de Madrid, 4878, IV, p. 461) :
Aqui yace El genëroso caballero Diego Garcia de Herrera Senor y conquistador de estas sieVe islàs y reino de la Gran Canaria
T del niar menôr de Berberia
Paso con sus armadas à Berbeiia; cautÎTO muchos raoros
Hizo en Africa el Castillo de mar pequena, el cual sustento
Y defendio contra el ejército del Xarife...
2. Fol. 201-206 du tome A-14 des papiers de Salazar, intitulé Rey Catho^ lico 4480 hasta 1505. Ce document 'a été publié par M. Jiménez delà Espada (Espana en Berberia, Bol. Soe. geogr. Madrid, 4883, IX, p. 294.)
3. Hisloria del rey don Hernando el Catholico, Çaragoça, 4610, L. IV, cap. 42, fol. 184, verso.
A. Oued Âssaka.
5 General Registro del Consejo de Indias, col. Mu&oz, t. 90, fol. 140; reproduites par M. Jiméâez de la Espada, art. cité, p. 309-310.
6. Gatell, Viajeen Marruecos, pamm. — FemeJidez huro, Exploraeion de
Aujourd'hui, l'Espagne se souvient qu'elle a été grande de conquêtes et rassemble avec un soin jaloux les débris de son passé. Tandis que ses érudits exhument ses droits antiques des archives, ses diplomates n'ont eu garde d'oublier, dans les concessions exigées du Maroc, le droit de relever l'ancienne Santa-Cruz. En 1878, une commission hispanomarocaine s'embarqua sur le Blasco de Garay pour en déterminer la place. Elle opta pour l'anse d'Ifni, la seule qui soit quelque peu à l'abri du ressac violent de cette côte, la seule aussi où les indigènes sachent encore se servir de bateaux *. En 1883, le drapeau espagnol fut arboré sur le fort reconstruit. Il flotte encore sur un autre point de la côte saharienne. En 1884, à la suite de l'exploration du capitaine Bonelli, un
Elo ilo Ouro
Presqu'île du Rio de Oro, vue de la mer.
décret a proclamé le protectorat de l'Espagne sur le littoral, du cap Blanc au cap Bojador. Une factorerie a été fondée au Rio de Oro, à douze kilomètres delà pointe sud de la presqu'île, dans le but d'attirer vers ce point les caravanes de l'intérieur. Le 16 juin 1886, MM. Cervera et Quiroga partaient en mission pour TAdrar. Mais, pas plus que jadis le capitaine Vincent, ils ne purent en voir les villes. Le cheikh Ahmed-Ould-Aïda les arrêta au seuil de son pays, à la sebkha d'Idjil, et tout ce qu'ils obtinrent de lui fut un traité d'amitié avec l'Espagne ^ La même mesure a été appliquée
una parte de la costa noroeste de AfrieUy Bol. Soe. Madrid , 1878, IV, p. 173- 185. — Sir Joseph Lee, The yorlh-Wcst Coasl of Âfricay Joum, oflhe Manchester Geog. Soc, 1886, p. 145.