Staudinger, Im Herzea der Haustaldnder, p
8. Information de Flatters {Documents relatifs aux deux missions, p. 31â>.
empêche les convois de Timbouctou de prendre le chemin du Sénégal *.
On conçoit ce que peuvent être à notre égard les sentiments de ces traitants du Sahara. Chaque pas que nous avons fait dans le désert s'est traduit pour eux par une diminution de bénéfices. Déjà nous leur avons enlevé la clientèle algérienne et tunisienne, et forci'» leurs caravanes à se rejeter par une route mal commode d'In-Salah vers Ghadâmès; encore un pas de plus, et nous aurons coupé cette route même. Aussi sont-ils résolus à tout pour nous exclure du domaine qui leur reste. On retrouve leur main dans tous les revers qui ont frappé les missions européennes.
Les négociants marocains du Timbouctou n'ont cessé d'exciter contre Barth la population de la ville. Les marchands marabouts ont essayé d'empoisonner le capitaine Vincent* dans TAdrar, et ce sont eux encore qui ont arrêté dans le Tagant l'expédition de Mage, en persuadant au chef que le blanc s'emparerait du pays, si on le lui laissait voir. On sait qu'il n'a pas tenu au cheikh commerçant d'ilerh, que Lenz, comme jadis Davidson, ne fût supprimé dans le désert. Personne ne peut se flatter d'échapper à cette méfiance toujours en éveil. Rohlfs transformé en disciple d'Ouezzan avait passé dans tout le Maroc sans encombre: les marchands du Tafilelt n'ont cessé de flairer en lui un émissaire chrétien, chargé de se renseigner sur leur commerce^ Mais c'est au voisinage de TAlgérie que l'hostilité atteint son paroxysme.
Lorsque Ismaïl-Bou-Derba, interprète de notre armée d'Afrique, vint en 1859 à Rhàt, avec le cheikh Othmàn, il trouva lès portes fermées et la populace furieuse; des lettres étaient venues de Mourzouk, disant que les Français
4. Lacoste, La Caravane de Timbouelou, Bull, consulaire fr, 1887,11, p.S5.
2. Barth, Heise», p. 508. Vincent, Extrait d'an voyage exécuté dans le Sahara occidental^ Bull. Soe. Géogr., 1861, I, p. 31.