‹ Le SaharaChapitre 317 sur 346 · Reise dureh Marokko, etc, p · texte numérisé non relu

Reise dureh Marokko, etc, p

voulaient s'emparer de la ville. Un négociant Medjebri\ revenu de Laghouat, racontait « qu'il avait été bien accueilli, mais qu'il avait compris que toutes ces prévenances étaient un piège. Un Français devait arriver sous peu pour étudier le pays, et une colonne toute prête attendait son retour pour marcher sur Rhâl' ». Deux ans après, Duveyrier se heurtait à la même animosité. C'est certainement pour se mettre à l'abri de nos entreprises, que les gens de Rhàt ont admis plus tard une garnison turque dans leurs murs.

Les Ghadàmésiens ont pris une précaution semblable. En 1862, lors du séjour de la mission française, le gouvernement turc n'y était représenté que par un seul homme, le moudir, chargé de lever pour le compte du pacha une lezma annuelle de 21,000 francs \ Deux ans après, lorsque Rohlfs arriva du Touât à Ghadâmès, la première chose qu'il aperçut fut le fort élevé à l'ouest de la ville ; les habitants effrayés par le goum qui était venu à travers les dunes au-devant de la mission française, avaient réclamé à grands cris une garnison sérieuse; au pacifique moudir avait succédé un kaïmakam avec un corps de réguliers et de bachi-bouzouks, et la contribution annuelle, par la même occasion, avait passé de 21,000 à 173,000 francs* !

De tous ces marchands que notre politique menace, les Touâticns sont peut-être ceux qui nous détestent le plus. In-Salah a donné asile à tous les Algériens ennemis de la France; ses habitants ont embrassé la cause des Seiioùsi avec enthousiasme, et ce sont eux, qui après avoir chassé Soleillet, ont fait assassiner Palat et Douls^ La construction récente d'un fortin au Ilassi-Inifel, sur l'Oued-Mya, a été

4. Singulier de Modjabra, nom des habitants de Toasis du Djàlo.

2. Bou-Derba, Voyage d R*al, Revue Alg. et Col., déc. 4859, p. 28i et suiv.

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