‹ Le SaharaChapitre 323 sur 346 · Staudinger, ibid.j p · texte numérisé non relu

Staudinger, ibid.j p

4. Viard, ouv. cité, p. lOo. — Crowther, Notes on the river Niger, Proceedings of the H. Geogr. Soc, 1877, p. 481 et suiv.

dans une dépression profonde, le Bénoué est déjà un grand fleuve de près de mille mètres de large, à mille kilomètres en amont de son confluent, et ne se trouve plus dès lors qu'à 180 ou 200 mètres au-dessus de la mer » . Yola, où les vapeurs s'arrêtent à Tépoque des hautes eaux, n'est pas à cent lieues du lac Tchad et de Kouka. Le Rénoué justifie donc le mot de Barth : « une porte ouverte en Afrique à l'influence irrésistible de l'Europe 2 », et le jugement de Flegel : a C'est la seule voie vraiment navigable qui mène au cœur du continent noir '. » Telles sont les trois principales voies d'accès du Soudan. Chacune mérite qu'on s'y arrête. La France a essayé l'une, puis l'autre, un peu au hasard, sans grand enthousiasme; elle a fait plusieurs tentatives intéressantes qui ont échoué faute de persévérance.

C'est au général Faidherbe que revient l'honneur d'avoir le premier appelé l'attention de la France sur le Soudan. Chacun sait ce que le Sénégal doit à ce vaillant administrateur. C'est lui qui a vaincu El-Hadj-Omar et fait une colonie véritable de ce qui n'était qu'un groupe de comptoirs en train de dépérir. Mais le général Faidherbe voyait plus haut et plus loin. Dès 1863, il chargeait Mage et Quintin « d'explorer la ligne qui joint nos Ëtats du Sénégal au Haut-Niger, créer une ligne de postes entre Médine et Bammako, ou tout autre point sur le Haut-Niger qui paraitrait plus convenable pour y créer un port de commerce sur le fleuve*. » 11 y a trente ans que ces lignes ont été écrites: c'est dire que Faidherbe a longtemps prêché dans le désert. Qui s'intéressait alors en France au Soudan? Symptôme signiGcatif : on avait traduit les relations de Mungo-Park, de Denham, Clapperton, Lander; on n'avait plus fait cet hon-

1. Staudiûger, p. i93. — Flegel, Von Niyer-Bcmié, Leipzig, 4890.

± Ëin Ëingangsthor fOr die Ailes ûberwaltigenden Krikfte des Nordena. (Reiten, II, p. 557.)

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