Vom Niger-Benuèy p
i. Lettre du 7 août 1863. Ministère de la marine. La France dans V Afrique occidentale, Paris, 188i, p. 5.
ncur aux explorations suivantes. Le grand ouvrage deBartlu public en Angleterre et en Allemagne, n'a pas trouvé chez nous d'édition digne de lui '. Les voyages si importants de Rohlfs entre Tripoli etLagos, de Baikie et de Flegel sur le Niger, de Staudinger aux pays haoussa, attendent encoreun traducteur. Seuls, Nachtigal * et Lenz ' ont été édités en France, grâce à l'initiative de la maison Hachette, mais l'un n'a pas dépassé le Bornou à l'ouest, et l'autre n'a fait qu'effleurer le Soudan. De là, chez la grande masse qui ne lit pas les langues étrangères, une impuissance radicale à juger ces questions. On peut dire que jusqu'à ces derniers temps il n'y a pas eu d'opinion publique sur le Soudan. Ce n'était pas de l'hostilité, ce n'était même pas de l'indifférence, c'était de l'ignorance pure et simple.
Une deuxième période d'activité coloniale s'ouvre en 1879. Celte fois, c'est M. Duponchel qui a rappelé l'attention sufr le Soudan, « Ce seront, a-t-il dit, nos Indes c^fricaincs » : il est à cet égard le disciple de Faidherbe, du moins quant au but, car il diffère absolument sur les moyens. C'est, en effet, par le nord qu'il a proposé d'atteindre le Soudan. L'idée n'était pas neuve. Déjà, en 1830, — l'année même de la conquête — avait paru un mémoire, signé Augier la Sauzaye, « Sur la possibilité de mettre les élablissemcnts de la côte septentrionale de r Afrique en rapport avec ceux de la côte occidentale^ en leur donnant pour point de raccord la ville de Tombouctou. » Mais c'étaient là des fantaisies qui avaient passé inaperçues. Les plaidoyers enflammés de M. Duponchel émurent l'opinion. Dans la discussion qui s'ensuivit, mille projets se firent jour. Chaque grande route du Sahara eut ses partisans convaincus, d'autant plus intraitables que
1. Il en existe une cependant (par Paul Ithier, Paris, i86l, 4 vol.), mais elle n'est qu'un extrait dépouillé de tout ce que l'original a de précis et de scientifique et la traduction n'a même pas le mérite d*êlre correcte.
i. Sahara et Soudan. Paris, 1886.