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Barth, V, p

5. Eintritl in dichter bevolkertes Land: titre du chapitre xi du tome V de Barth.

dans Jesquelles la bonne foi de nos plénipotentiaires a été manifestement surprise * et que notre gouvernement obtienne le remaniement d'un article, qui devait constituer un dédommagement pour la France et lui fait faire en réalité une énorme concession. Mais, en attendant, la convention existe et il faut en tenir compte. En quoi modifie-t-elle l'action de la France au Soudan?

La situation est très simple. Nous perdons, jusqu'à nouvel ordre, les pays haoussa, c'est-à-dire plus de la moitié du Soudan central ; les pays qu'on nous donne, au nord de la ligne Barroua-Saï, ne valent pas la peine que nous construisions un chemin de fer pour les coloniser. Les régions encore disponibles, boucle du Niger d'une part, pays du Tchad de l'autre, en valent-elles la peine davantage ?

L'une d'elles, celle de Timbouctou et du coude du Niger, a joui jusqu'ici en France d'une faveur singulière. Nombre de publicistes en ont — sans examen — vanté la richesse ' ; c'est pour elle également que M. Duponchel réserve ses plus lyriques louanges ^ MM. Philebert et Rolland eux-mêmes, qui pourtant ne cachent pas leurs préférences, ont cru devoir faire une concession à l'opinion courante, et ont fait valoir pour leur Transsaharien l'avantage- de pouvoir faire la

1. M. le ministre des adaires étrangères, dans un discours prononcé à Ja tribune de la Chambre, avait admis que les Anglais étaient fortement installés à Saï et y avaient établi leur influence, que d'autre part ils avaient déjà passé des traités avec le Sokoto et n'auraient pas consenti à reculer. D'après lui, c'était pour nous un avantage qu'ils eussent renoncé à étendre plus loin leur action vers le nord. {Journal of/iciely 5 novembre 1890.) Dans un article publié en octobre 1891 L4rni.de poo*/. Paris, Colin, 1891), nous avons essayé d'établir que ces renseignements, fournis par la Compagnie du Niger; étaientencontradiction avec les témoignages des voyageurs et, par suite, invraisemblables. Depuis, M. le commandant Monteil est revenu de son grand voyage, et il est certain qu'il a constaté Ventiére indépendance du Sokoto : il est donc permis de croire que son rapport confirmera entièrement notre manière de voir.

2 « Les rives du Niger moyen, qui ne laissent point d'être fort peuplées et fort commerçantes. » (P. Bcurde, Revue de$ Deux Mondes, iS^i, p. 70G, etc.)

3. V Afrique centrale^et le TranssaharicHy Montpellier, 1888, pp. 7-8.

fourche vers le lac Tchad et vers le coude du Niger *. Il faut une bonne fois en finir avec cette légende de la richesse du coude du Niger, qui hante les meilleurs esprits avec la ténacité des vieilles erreurs. Reportons-nous aux textes, puisque aussi bien eux seuls font autorité en pareille matière.

Un seul voyageur, — il est vrai qu'il en vaut dix pour la science, — a décrit cette partie septentrionale de la boucle du Niger : c'est Barth '. Il Ta traversée en biais, de Saï à Timbouctou, puis Ta contournée au nord, en suivant la rive gauche du fleuve. Qu'a-t-il vu dans l'intérieur? D'abord un pays de collines (à Touest de Saï), peu boisé, peu cultivé, au sol de « grès rouge imprégné de fer », et qui, en somme, ne semble pas très fertile \ Puis, un sol plus riche, où la sécheresse avait toutefois fait manquer complètementla moisson*. Plus loin, c'est la province de Libtako, formée, à part quelques parties marécageuses et boisées, de plateaux uniformes au sol sec et dur. Des troupeaux de gazelles, t coup d'œil tout à fait nouveau, dit Barth, pour moi qui venais de traverser les parties les plus peuplées du Soudan, » parcourent ces plaines où Ton élève des bœufs et des chevaux : il s'agit, on le voit, d'un pays plus propice à Télevage qu'à la culture. Barth traverse encore un district bien arrosé et fertile, l'Aribinda, puis sa description ne varie plus guère jusqu'au Niger. Les parties inondées gardent seules la végétation exubérante du Soudan; ailleurs, c'est la steppe, semblable au Kanem, avec ses dunes sablonneuses et couvertes de brousse \

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