Ibid., p. 265, 281, 302, etc
sont survenues... • » Seuls, entre Timbouctou et Sindcr, deux petits villages, Rhergo et Bamba, toujours tremblants devant les nomades, forment encore « un petit foyer de vie dans ce pays laissé à l'abandon, et retombé d'un certain degré de civilisation à une barbarie presque complète *. »
Nous avons laissé la parole à Barth : nous voilà fixés sur la valeur réelle de ce coude du Niger, où M. Duponchel, avec une puissance d'imagination qui étonne, met « Taxe d'intensité commerciale du Soudan ». La richesse n'est point là, sur la lisière du désert : elle est au sud, sous ces latitudes favorisées par des pluies plus abondantes, dans les pays que Binger et Monteil ont parcourus. C'est l'or du Bouré, c'est la noix de kola mandingue, ce sont les cotonnades et les cuirs du Macina et du Ségou, qui alimentent, avec les esclaves, le commerce de Timbouctou • ; mai& ces produits échappent déjà à l'attraction de la ville du désert. Les routes tout autrement courtes du Sénégal et de la côte de Guinée les attirent. Déjà Caillié remarquait que l'or prenait le chemin de la cote ♦ ; au temps de Barth, Timbouctou ne recevait plus que l'or du Bouré; celui des Mandingues allait au golfe de Guinée ^ ; d'après Lenz, la gomme et la cire du Niger prennent déjà la route de Saint-Louis plutôt que celle du déserta La décadence de Timbouctou est certaine. Toute amélioraration des routes de la côte a un contre-coup sur son commerce ; lorsque le général Faidherbe a pacifié le Sénégal, le nombre des convois du désert a immédiatement diminué '. Ce mouvement est fatal, car il a sa cause dans la nature; il ne faudrait qu'une voie de sortie facile pour le précipiter. L'in-
\. Heisenj V, p. 221. Ailleurs, à Bourroum, ce sont les Peulh qui ont détruit les villages et emmené la population. (V, p. 495.)