Duveyrier, Les Touareg du Nord, p
térêt de la France est de le détourner vers ses colonies à elle, vers le Sénégal et la côte d'Ivoire. On ne peut juger encore la voie du Sénégal sur le trafic de ce malheureux tronçon de chemin de fer, laissé en Tair entre les Kayes et Bafoulabé. Sait-on quel serait l'avenir du chemin de fer de la Mellacorée, qui n'aurait que 312 kilomètres jusqu'au Haut- Niger? Sait-on si l'on ne peut établir une communication facile entré tel affluent navigable du Niger et le Cavally, ou bien encore le Lahou, cet autre fleuve ignoré * ? Le jour où la voie sera vraiment libre entre la côte et l'intérieur, les produits de ces contrées délaisseront la route artificielle du nord, et le coude du Niger apparaîtra ce qu'il est en réalité, à demi dépeuplé et d'une fertilité médiocre, capable tout au plus de servir d'appoint au commerce du Sénégal. Assurément , ces pays peuvent avoir leur renaissance , mais il faudra les tirer de l'anarchie, et attendre de longues années. En attendant, ce serait folie de construire un chemin de fer gigantesque de 2,600 kilomètres, pour atteindre Timbouctou, la ville déchue, ou Bourroum, en pays désert.
Restent les royaumes du Tchad. Ceux-là paraissent riches. Barth se rencontre sur ce point avec Rohlfs et Nachtigal. La grande plaine alluviale qui s'étend au sud du lac, sur environ cent lieues de large et sur une longueur inconnue, mérite par sa fertilité d'être comparée à l'Egypte. Elle peut produire le sucre, l'indigo, le riz t en quantités énormes ' » et le coton « d'une façon presque illimitée^ ». Dès aujourd'hui, les céréales, l'indigo, le sésame, l'arachide, la canne à sucre, le coton sont cultivés *; les chevaux, les bœufs, les ânes, les moutons du Bornou offrent des ressources de bétail considérables ^ tandis que les marais du Tchad et du Baghirmi
i. Les capitaines d'infanterie do marine Marchand et Manei viennent de partir pour explorer les fleuves de la côte d'Ivoire.