‹ Le SaharaChapitre 334 sur 346 · A Narrative of a mission to CenlralAfricaj I, p · texte numérisé non relu

A Narrative of a mission to CenlralAfricaj I, p

7. « Would soon ail perish, or emigrate to Soudan. » [IbiL, II, p. 138.)

devis approximatifs pour la première moitié du parcours, mais Tautrc est encore vierge de toute exploration européenne. A supposer qu'elle ressemble à la première, la ligne, tout le monde s'accorde à le dire, n'en coûterait pas moins très cher ' . Mais il est un autre genre de dépenses qu'on ne fait guère entrer en ligne de compte.

Il y a deux manières de faire le commerce au Soudan. Il y a d'abord le drainage facile de l'or, de l'ivoire, des autres richesses naturelles, en un mot le commerce d'échanges par comptoirs. Mais ces ressources s'épuisent vite, et tôt ou tard il faut en créer de nouvelles par l'exploitation de la terre. Les promoteurs du Transsaharien admettent <Ians leurs calculs cette évolution nécessaire', mais ils s'imaginent volontiers que cette œuvre sera pacifique, et c'est ce qu'il est difficile de prévoir. Ces régions du Soudan ne sont pas de celles où l'on puisse renouveler les exploits de M. de Brazza. Ce sontde vieilles monarchies, et Ton oublie quelles ont un maître jaloux: l'Islam. Jamais — nous en savons quelque chose par nos démêlés avec Ahmadou et Samory — un souverain musulman ne cédera de bon gré aux chrétiens * un pouce de son territoire ; de ce que les sultans de Bornou ont trouvé les présents des souverains de l'Europe bons à prendre, on ne peut conclure qu'ils nous verraient arriver en chemin de fer avec le même plaisir. Croit-on qu'ils se soucient de nous recevoir en nombre, eux dont le revenu le plus clair consiste dans ces chasses aux esclaves, qu'ils font sous le nom de guerre aux païens^? Lorsque Denham vint au Bornou

4. L'ingénieur Béringcr, de la mission Flalters, prévoyait un prix moyen de 100,000 francs par kilomètre de voie normale. M. Ed. Bkmc évalue à 300 millions les frais de construction d'un Transsaharien à voie normale, Ja "Seule qui convienne pour la traversée dessables, d'après les observations quil a faites sur le Trauscaspien. (Comptes rend. Soc. Géoijr. 1890, p. 3S8j

î2. « La poudre d'or, les dents d'éléphant et les cuirs d'aninjaux divers ne suffiraient pas et ne suffiront jamais... Dans ces conditions, les matières dVsporlation sont à créer. » (Ed. Blanc, Le Transsahavien, un an apréj, p. xxxiv.)

3. Lire dans Denham et dans Nachti^al le récit des razzias et des massacres auxquels ils ont dû assister.

apporter les présents et les offres d'alliance de l'Angleterre, le cheikh El-Kanemi, le fondateur de la dynastie actuelle, lui fit cette réponse significative : « Si quelques personnes veulent venir, avec une petite quantité de marchandises, il n'y aura pas de mal. C'est tout ce que nous pouvons permettre ; un plus grand nombre ne doit pas venir ^ » Le souverain actuel a expulsé la mission Mac-Intosh, pour avoir franchi sans permission ses frontières avec une escorte armée, et M. le commandant Monteil, soumis à toutes sortes d'interrogatoires et de quarantaines, n'a réussi qu'à force de tact et de prudence à se faire admettre à Kouka*. Si d'ailleurs les sultans venaient à oublier leurs méfiances, ils trouveraient auprès d'eux des gens pour les en faire souvenir. Ce sont ces Arabes, dont Barth disait déjà : « Ils ont parfaitement conscience que, du jour où nous aurons Ubre accès au Soudan, c'en sera fait, non seulement de leur trafic d'esclaves, mais de tout leur système de commerce'. » Depuis l'époque où les marchands de Sansandig et de Djenné offraient au roi de Ségou des présents plus beaux que ceux de Mungo-Park, pour le décidera chasser le chrétien ou à le faire mourir, leur politique n'a jamais varié. Or, on les trouve partout au Soudan : négociants, chérifs plus ou moins authentiques, pèlerins de la Mecque, courtisans, hommes d'État, tous respectés parmi ces nègres, par le fait qu'ils sont des blancs ; ils trouvent d'ailleurs un appui auprès des nombreuses tribus de leur race qui, établies dans ces pays sans esprit de retour, ont conservé leur langue et leur sentiment national ^ ; ils tiennent ainsi par mille attaches à* ce Soudan, auquel ils ont donné leur religion et beaucoup de leurs idées avec leur langue, et qu'ils nous disputeront

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