Erdkunde, traducl. Desor, Paris, 4836, HI, p
noxiales. » Comme sol, partout du sable*; comme relief, partout la plaine* : c'est ainsi qu'on se représentait le désert.
Pour expliquer cette surface ameublie et plane, on faisait généralement intervenir la mer. Inspiration naturelle, en somme. « La mer! la mer! » s'étaient écriés nos soldats, le jour où ils aperçurent le Sahara du haut des dernières ondulations de TAurès. Et, en effet, Timmense surface qui se déroule à Tinfini jusqu'aux brumes de l'horizon où elle se confond avec le ciel, l'ondulation des dunes et des plis de terrain dans le lointain où toute aspérité s'efface, évoquent irrésistiblement ce souvenir. L'idée erronée, mais naturelle, que le désert se prolonge ainsi, toujours le même; l'absence de terre végétale qui fait songer à l'aridité des grèves; les cailloux qui paraissent avoir été roulés par le flot, tout concourt à fortifier l'impression première : et les dunes se présentent alors, aux yeux du voyageur prévenu, comme de gigantesques laisses de sable marquant les étapes d'une ancienne mer, et le chott resplendissant, comme la dépression dernière où elle a expiré, laissant des plaques de sel. Aussi cette idée de la mer saharienne est-elle venue aux esprits les plus divers, et l'impression naïve de Caillié' s'est rencontrée avec la pensée dogmatique de Ritter *. Humboldt, dont le large esprit entrevoyait déjà des causes d'un autre ordre, n'en croyait pas moins devoir admettre une « irruption
1. RUler, ouvr. cité, p. 256. — Eiû furchtbares Sandmecr (Uumboldt, /insichten der Natur, 3o édit., Stuttg., i871, p. 8). .
2. Rillcr, ouvr. cité, I, p. 86. — « Das grosse Tieflland der Zahara » (Humboldt, ibid,, p. 69).
3. t C'était le véritable aspect des ondulations de la mer, peut-être le fond d'une mer sans eau. » (Gaillié, Jownal d'un voyage d Tombotutou et à Jenné, Paris, 1830, H, p. 303 ) — Jd., Russegger» BeUen in Griechenland, Vnteràgyplen, etc., II, p. 279. — Rolilfs, Von TripoUt nach AlexandricUf Brome, 1869, I, p. 306, etc.
i. t Un sol couvert du sable do la mer et dont la surface n*est pas encore fixée; un espace immense encore à l'état de passage de l'Océan à la terre ferme. » (Ouvr. cité, lll, p. 373.)
de POcéan », qui aurait privé ces plaines de leur manteau d'humus*. Des géologues et des naturalistes développèrent cette hypothèse. On connaît la théorie glaciaire d'Escher de la Linth. Selon lui, le retrait des glaces qui ont jadis couvert l'Europe était dû au foehn^ ce vent sec qui fond les neiges des Alpes, et le foehn lui-même venait du Sahara. Si donc le foehn ne soufflait pas encore pendant la période glaciaire, c'est que la mer couvrait alors le désert'. Escher fit part de cette explication ingénieuse à ses amis Desor et Ch. Martins; tous trois firent une excursion dans le Sahara algérien, y constatèrent la présence de terrains de transport, recueillirent des restes de coquilles d'eau salée ou saumâtre : cela leur suffit pour proclamer l'émersion récente du Sahara*. D'autre part, un conchyliologue, M. Bourgui-
La mer saharienne, d'après Thypothèse de M. Bourguignat.
gnat, ayant trouvé au midi de l'Atlas une faune de [mollusques terrestres analogue à la faune littorale de la Péninsule ibérique, affirmait que le Sahara était terre ferme