LES EAUX FROIDES DE LA COTE OUEST
La mer elle-même, cette grande source d'humidité, peut être en certains cas une cause dé sécheresse. C'est aux courants venus des mers antarctiques que la côte ouest de l'Afrique australe et le Pérou doivent leur ciel obstiné* ment pur. L'air refroidi au contact de ces eaux toujours frc^îches arrive relativement pauvre en vapeur d'eau, et ne peut même former de nuages au-dessus de ces terres échauffées par le soleil tropical. Il pleut une fois tous les trente ans au Pérou, et à peine davantage à Angra-Pequefia. Seuls les brouillards humectent légèrement ces côtes, et encore ils se dissipent rapidement vers l'intérieur \
Des eaux relativement fraîches baignent également la
1. StaudiDger, Im Herzen der Haussalânder, Berlin, 1889, p. i95. — Rohlfs, Qaer durch Afrika, U, p. 157 : Taltilude maxima da Yakoba est d'environ 2,300 métros (calculée par M. Hann d'après les chiffres de Vogel et Rohlfs).
2. C'est vers ^,200 mètres que la mousson indienne déverso le plus de pluies, (llill, Ind. Meieor, Memoirs, \, p. 377 et suiv.)
3. Woeikof, Die Klimate der Erde, II, p. 58. — Hann, KUmader Walfitehbai. {Met, Zeitich,, 1888, p. 311.)
côte nord-ouest de TAfrique. Tandis que la température moyenne de la mer est de 27® au nord du tropique vers les Antilles *, elle tombe à 20® sous la même latitude près du Rio de Oro, à 17** près du cap Juby». Ces eaux sont moins fraîches que celles de la côte de l'Afrique australe', mais Tair n'en subit pas moins un refroidissement marqué. La moyenne de l'été au Rio de Oro ne semble pas dépasser 20® centigrades*; des observations de deux ans, faites à la station du cap Juby, donnent une moyenne de 16® en janvier, de 20®,4 en septembre, de 18 à lO"* pour Tannée entière *. Ainsi, Tair de la côte saharienne aurait à peu près la température d'Alger ou de Madère, serait moins chaud qu'à Chypre, plus frais en juillet qu'à Lisbonne et à Lyon, et cela sous la latitude du Touâtet du golfe Persique! Il n'est donc pas téméraire de croire que les eaux froides de ces parages diminuent les chances de pluie sur la côte saharienne, déjà sèche par suite de la prédominance des souffles du nord. Il est vrai qu'elles n'exercent pas une action comparable à celle des courants antarctiques; mais elles rendent moins humides les vents du large qui soufflent de temps en temps vers l'intérieur®.
i, Woeikof, Karte der Temperatur des Wassers, ouv. cit., II, pi. 48. 2.f Observations de 2 ans (1884-85), résumées par M. von Danckelmann, MeL Zeitsch., 4887, p. 25. .
3. Température du courant an tarcU que devant Angra-Peque&a : 10» C.
devant Walfish-bay : i5o G.
(Hann, art. cité.)
i, La moyenne de 250 observations prises par M. Quiroga (14 mai-16 juin et 24 juilL-U août 1886), est de 20o G». {Observ. geologicas, etc.. p. 316.)
5. Ces observations sont malheureusement incomplètes. (Von Danckelmann« art. cité p. 26.)
6. On a d'ailleurs observé au cap Juby des brouillards comme à Walfîshbay ; seulement ils sont rares et de courte durée (art. cité).