Ibid., p. S
puits en attendant le retour de la saison pluvieuse '. L*Aïr participe donc encore h la mousson du Soudan. Ce n*est pas sa latitude, mais son relief qui en est cause. Tandis que dans la plaine les dernières pluies régulières ne dépassent f;uère la ligne qui va de Timbouctou au Tchad, les hautes parois des montagnes d*Aïr prennent encore de Teau à la mousson affaiblie, cinq degrés plus avant dans le nord.
Ce ne sont pas les seules. Le Tibesti reçoit chaque année des pluies analogues. Dès la fin de juillet, le D"" Nachtigal a vu chaque jour les montagnes se coiffer d'épais nuages apportés par le vent du sud-est *. Sans doute le Tibesti n'a pas l'aspect riant des vallées de TAïr : ses roches de grès sombre sont généralement arides et laissent s'écouler les eaux sans en rien retenir ' ; mais il y tombe peut-être autant de pluie. Chaque année, disent les indigènes, des moutons, des ânes, des chameaux sont emportés par des crues subites; Nachtigal lui-même a eu la surprise d'entendre un matin gronder un torrent *. Pas plus que l'Aïr, le Tibesti ne touche au Soudan. Le voyage de Nachtigal au Borkou, fait un an après à la même époque, ne laisse aucun doute à cet égard : il pleut beaucoup moins dans ce pays» pourtant plus rapproché du Soudan, qu'au Tibesti, situé plus avant dans le désert ^ Les Arabes du Borkou ne se méprennent pas sur la cause du phénomène. Ils attribuent les nuages qui s'élèvent parfois dans le nord-est aux pluies tombées plus loin dans la montagne*.
Le Sahara méridional renferme, au dire des indigènes,